02/09/2009

Interview Pierre Vassiliu

Les voyages, ou plutôt les aventures de Pierre Vassiliu sont souvent tissées d’anecdotes peu ordinaires. Pimentées ou sucrées, mais jamais fades !
Avoir Pierre Vassilliu comme ami ou copain est un vrai remède contre la morosité. Derrière sa célèbre moustache gauloise, se cache, sans vraiment se cacher d’ailleurs, un vrai croqueur de vie. Qu’il se raconte à travers ses chansons ou qu’il parle de ses aventures, ses yeux pétillent de malice et de gourmandise. Cet ancien apprenti-jockey, amateur de belles femmes et de bons vins, parle à brides abattues de sa vie dans son livre « Qui c’est celui-là ? », récemment paru aux Editions N°1, qui fait la part belle à ses voyages.
La passion de l’Afrique
Le déclic lui est venu lors d’un concert de Manu Dibango. Il avait 18 ans et les rythmes africains lui donnèrent alors l’envie de s’aventurer aux sources de la musique. L’Afrique est son deuxième pays, il a même vécu plusieurs années au Sénégal et habité un an dans une case sur la plage. Il a aussi tenu un club de jazz à Dakar, le Mamy flore, avec scène ouverte où sont passés entres autres Youssou n’Dour, Touré Kounda, Ismaël Lo. « L’Afrique c’est la douceur de vivre, l’artisanat, la musique, la danse, la dérision et la rigolade. » écrit-il dans son livre. Il s’étonne cependant que ce pays aux milles richesses reste en marge de la mondialisation, confronté aux épidémies, guerres, famines et autres génocides.
Pour lui, voyager n’est pas faire le tour du monde des palaces, bien au contraire. Son intérêt est d’être le plus près possible du peuple, de sa musique, de ses traditions, pour mieux apprécier le pays. Il préfère arriver la nuit, poser ses bagages et se mettre directement dans l’ambiance, fréquenter les petits bistrots. « Certaines villes prennent toutes leurs couleurs la nuit, surtout en Afrique, comme au Burkina Fasso », précise-t-il. « Un pays qui m’attire beaucoup, car il conserve toute son authenticité, encore épargné du toursime de masse. Les animaux sauvages y sont encore nombreux et préservés. »
A table avec Fidel Castro à Cuba
Le sac à voyages de Pierre Vassiliu est rempli de moments forts, certains même incroyables, telle sa rencontre inopportune avec Fidel Castro. Il était convié avec d’autres artistes à Cuba par le Parti Communiste Français, quand il se retrouva à table face à lui. Malgré leurs divergences de vues, ils se sont découvert une passion commune pour les grands vins. « Je ne partage pas les idées politiques de Castro, mais je lui reconnais un charisme fascinant. Cette rencontre m’a permis de mesurer l’aura exceptionnelle de cet homme, qui par ailleurs opresse son peuple. »
Pierre Vassiliu adore également voyager en bateau. « L’arrivée sur le Bosphore est un moment magique. Un voyage récent au Chili m’a fait découvrir les fjords, jusqu’à la terre de feu, Ushuïa, c’est inoubliable ».
Sensations fortes au Honduras
Autre pays, autre souvenir. En vacances au Honduras chez la sœur de sa femme Laura, dans une maison sur pilotis, où il a composé à la guitare une partie de son album « Parler aux anges ». Sensations fortes assurées entre araignées géantes, raie manta et crocodile, qu’il avait pris pour un tronc d’arbre !!!
Au fil du temps, Pierre Vassiliu s’est forgé une réputation de chanteur-baroudeur, avec plus de 50 pays au compteur ! L’Egypte et l’Inde l’ont fasciné. « Ces pays vous marquent à vie, on n’en revient pas indemne ! ».
L’envie de partir ou repartir est toujours présente, la flamme de l’aventure ne s’éteint jamais pour Pierre Vassiliu. ll suffit d’écouter ses disques pour partager son esprit voyageur. Ils sont autant de clins d’œil aux musiques des pays visités. Et sur scène, il aime pratiquer le métissage musical, Espagnols, Indiens, Sénégalais, Brésiliens, Réunionais, Gitans… ses musiciens sont de toutes les couleurs !
Petite conversation, entre deux voyages…
Vous semblez avoir des amis un peu partout dans le monde ?
Quand je vais dans un pays, je préfère arriver la nuit et me mettre tout de suite dans l’ambiance locale. Souvent, il m’arrive de prendre ma guitare et de me mêler aux musiciens. Ça crée souvent des liens. Et puis, je suis toujours près à faire la fête, où que je sois dans le monde.
Les voyages entretiennent votre éternelle jeunesse ?
En tout cas, les voyages comme je les pratique sont source de bonheur et bonne humeur. J’aime voyager simplement. A une époque je suis parti sans trop d’argent en poche et pour financer le voyage j’ai vendu des petites marionnettes sur les Remblas de Barcelone.
Un de vos grands souvenirs ?
La rencontre avec Laura, ma femme. Sans le savoir, je suis tombé amoureux d’elle avant de la connaître en remarquant une magnifique nana en couverture du magazine Vogue. Ce n’est que plus tard chez elle que j’ai retrouvé cette photo et découvert que c’était elle. C’est étonnant, car Laura a été miss Monde puis dauphine de miss Univers, et j’étais loin d’être très attiré par le milieu des mannequins. Mais il y a toute de suite eu une incroyable complicité entre nous car nous partageons la même passion de la fête et des voyages.
Une rencontre insolite ?
Celle avec Cassius Clay, dont je conserve un souvenir drôle et ému. C’était à Cuba où il se faisait soigner pour sa maladie de parkinson. Et à cause de cela, j’ai eu bien du mal à lui attraper la main pour le saluer.
Vous avez habité chez Coluche ?
Oui, c’était à mon retour d’Afrique, j’étais fauché et j’avais rencontré Michel chez un copain qui tenait un resto dans les Halles. Il m’a généreusement hébergé chez lui, avec mon épouse. L’ambiance était très drôle et chaleureuse. J’y ai croisé entre-autres Patrick Dewaere et Gérard Lanvin qui est devenu mon copain. Coluche était un type formidable, débordant d’humanité et de générosité.
Vous avez joué dans le film Périgord Noir. Envie de continuer à faire l'acteur ?
J’ai eu la chance de tourner dans le film de Nicolas Ribowski, avec Roland Giraud, Jean Carmet Odette Laure et Jacques Gamblin. Ça m’a permis de mieux connaître Carmet et Giraud, et j’en ai gardé d’excellents souvenirs. C’était une très belle aventure, mais ça ne m’a pas vraiment donné envie de poursuivre cette expérience cinématographique. Mais qui sait…
Vous semblez avoir gardé votre âme d’enfant ?
J’ai toujours envie de rigoler et de faire des bêtises. Une fois je suis rentré à la maison avec une super voiture hors de prix, et une autre avec deux chevaux andalous. J’ai toujours trouvé que l’argent, quand on a la chance d’en avoir un peu, était fait pour profiter de la vie. Quand j’en ai moins, je m’adapte !
Où auriez-vous aimé vivre ?
Actuellement je dirais le Maroc, en tout cas dans le Sud. Mais après avoir beaucoup voyagé, je trouve que la France est un merveilleux pays, mais je regrette quand même que sa politique ne soit pas à la hauteur.
Non rien de rien, vous ne regrettez rien ?
Pas vraiment, si ce n’est que de ne pas avoir profité d’avantage de mes enfants pendant les périodes où je tournais beaucoup, mais chacun a su prendre son chemin et maintenant on se retouve très souvent.
Toujours complètement toqué ce mec là, mais pas encore gaga ?
Peut-être un peu gaga quand même, ça commence à venir, doucement. Je n’écoute plus toujours ce qu’on me dit, comme les enfants !
Un tube comme « Qui c’est celui-là ? » ça rend la vie plus confortable ?
Oui, et même pendant une bonne quinzaine d’années et pourtant je n’étais qu’adaptateur car les paroles et la musique d’origine étaient de Chico Buarque. Pourtant simplement avec mes paroles, j’ai gagné beaucoup d’argent. Ce disque a été connu dans tous les pays francophones et il passe encore souvent en radio. Pourtant cette chanson était en face B, la face A étant « Cherche encore une fille » qui a aussi très bien marché.
Vos chansons préférées ?
Ce sont plutôt mes chansons tendres « Amour Amitié », « Dans ma maison d’amour », « Parler aux anges ».
Votre citation préférée ?
C’est une réflexion personnelle « Faites-vous la belle vie dont vous avez envie ! », car c’est ce que j’ai toujours fait ou du moins tenté de faire.

Propos recueillis par Alain Damecour

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22:15 Écrit par Saï-Saï | Commentaires (0) |  Facebook |

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