06/09/2009

Interview 2008 Pierre Vassiliu

Après le récital donné par le chanteur au théâtre de Beaune un vendredi soir de 2008, Bruno Cortot lui demande s'il travaille encore ?

Je n’ai jamais travaillé. J’ai, certes, beaucoup écrit, bu et voyagé… Je m’estime heureux car je n’ai jamais considéré ma carrière comme un travail.

Bruno Cortot insiste pour savoir s'il écrit encore ou si, après l'Amérique du Sud, Cuba et autres destinations, c'est la belle vie
J’écris toujours, ma femme m’ayant dit que je pourrais continuer tant que je serais présentable ! J’ai le privilège d’être encore sollicité pour enregistrer des disques. Cependant, le fait de voyager pour les spectacles est difficile. Mon dernier disque « Pierre Précieuse » date d'il y a 3 ou 4 ans. Un autre est en cours, avec guitare et proposition de basse ! Je fais partie de la troupe « Age tendre et tête de bois » et j’y côtoie des gens sympathiques et amusants, avec de très bons musiciens. La troupe réunit 8000 personnes par jour dans les zéniths, cette activité implique des déplacements de 400 kilomètres par jour.

Une personne du public remarque que son nom est d'origine roumaine 
Mes parents sont effectivement roumains, nés en France. J’ai, par eux, la musique tzigane dans le sang. Un spectacle est prévu là-bas cette année, mais je n’y suis encore jamais allé.

Le public s'étonne qu'il n'ait pas recherché le pays de ses ancêtres 

J’ai passé les trois quarts de ma vie en Afrique Noire, au Brésil, en Amérique Centrale. J’ai consacré cette vie à la musique, à la découverte d'autres rythmes, telle la samba.

Une personne lui demande ce qu’il faisait avant ses débuts au petit conservatoire de Mireille 

Je me produisais dans de petits cabarets, lieux d'apprentissage. Mireille était une femme extraordinaire, certes sévère ; elle jouait admirablement du piano.

A la question s'il était le trublion du groupe 

J’avoue qu'on m’a souvent demandé de revenir avec d'autres idées ! A propos de ma carrière, j’ai eu de la chance que mon agent s'occupe bien de moi. Pour d'anciens chanteurs, tels que moi, la tournée actuelle d' « Age tendre et tête de bois » en est un nouvel épisode.

Bruno Cortot complète qu'il a eu un excellent parrain : Georges Brassens.

C’est vrai, j’étais amoureux de sa façon de jouer de la guitare et j’ai eu le culot d'aller frapper à sa loge à Bobino pour lui montrer mon premier disque. Brassens était un homme charmant.

Doué d'une expérience certaine de la musique, quel regard l'artiste porte-t-il sur la musique d'aujourd'hui ?

Quelques-uns comme Renan Luce sont très doués, c'est magnifique à écouter, des textes formidables et des musiciens qui le sont tout autant. C’est bien écrit, c’est moderne, ça fout le bourdon tellement c’est bien !

On regrette au passage que les radios passent souvent les mêmes titres en ignorant d’autres artistes, nous privant ainsi de les écouter

La joie est d'écrire et d'enregistrer ! Mais après ? C'est pourquoi, sans doute, certains se marginalisent.

Le public souhaiterait le voir à la télévision

Je ne reçois jamais d’invitation,  à l’exception d’une fois où j’étais l’invité de Michel Delpech.

En référence aux orchestrations jazz du récital de la veille, on demande au chanteur depuis quand il a abordé cette musique
Cela fait longtemps ! Mes 3 musiciens sont toulousains et nous jouons ensemble depuis dix ans. Nous jouons, toutefois,  plus de musique sud américaine et cubaine que de jazz. Mon dernier disque a été enregistré avec eux. Beaucoup de musique de Casamance. L’Afrique m’a mené au jazz…

Bruno Cortot a remarqué la chanson « L'étranger » d'Aragon et Ferré dans son dernier disque 

C'était presque un fantasme d'interpréter cette chanson car j’aime le manouche.

Avec humour, Pierre Vassiliu propose d'aller faire une sieste s'il n'y a plus de questions et conclut en jouant au piano sa chanson « Toucouleur ».

RENCONTRES BEAUNE SUITE 2008 004

07:30 Écrit par Saï-Saï | Commentaires (0) |  Facebook |

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