05/10/2009

Coupure de presse "Vassiliu" 2008:

Coupure de presse février 2008 :
   
Le rêve d’un temps où le fric ne ferait plus la loi

« DANGEREUX, ces gens-là sont dangereux ». Le dernier titre de l'album de Pierre Vassiliu résume sa colère à l'égard des malades du pouvoir, des marchands d'armes, des médias qui bidonnent, des gouvernants qui leurrent les chômeurs… Il cogne sec, comme ça lui vient, et ajoute à l'adresse de l'auditeur : « C'est bien vous qui les armez, ces gens-là. » On est loin de l'image du dilettante gentiment j'm'en foutiste popularisée les médias. Il répète, sur les antennes des télés, qu'il se considère comme communiste et que cette société ne peut plus durer. « Un paysage affreux se met en place avec des millions de chômeurs démunis, un tiers-monde affamé et des rapports humains dévastés. Cela ne peut finir que par une explosion », explique-t-il. Le sourire revient : « Comment croire qu'il n'y a pas d'argent dans ce pays, alors qu'un Français vient de racheter le domaine de Château-Latour ? Il faut un sacré paquet de billets pour s'offrir un des meilleurs bordeaux. »

« Je suis toujours étonné de voir comment nous pouvons tous avoir l'esprit annihilé par des idées auxquelles on ne croit pas ou plus. Et pourtant nous nous laissons faire. Voyez les élections : si tout le monde s'unissait, tous ces personnages à l'égard desquels nous n'avons plus d'illusions seraient balayés. Les seuls qui soient lucides aujourd'hui et méfiants à l'égard du pouvoir, ce sont les communistes. Et ils font le choix de la fraternité. » A vue d'oeil, cette valeur compte au yeux du chanteur. « Je rêve d'un temps d'échanges où le fric ne ferait pas la loi. »

De là, sans doute, la méfiance qu'il éprouve à l'égard du show-biz, et les distances qu'il sait garder. En partant par exemple cinq ans au Sénégal, ouvrant un bar-restaurant à Dakar puis un autre dans la brousse, où venaient jouer au débotté ses amis : Youssou N'Dour, Touré Kunda, Ismaël Lo… « Ma vie est une grande improvisation. » Pierre Vassiliu vit désormais dans une ferme gersoise, entre ses vins, son piano et un vieux tracteur des années soixante. « Je tiens à préserver une véritable vie de famille. A quinze ans, j'étais à la rue. Je ne veux pas que mes enfants connaissent cela. Laura, ma femme, a vécu en Hollande dans un milieu harmonieux. Elle m'a appris la vie véritable. »

Durant sept ans, aucun disque de Vassiliu. Eloge de la paresse ? « Pas du tout. En deux ans, j'ai proposé huit maquettes de disque aux grandes maisons. Elle ne m'ont même pas répondu. C'est un des seuls moments où j'ai perdu confiance. Je me suis dit : « T'es un has been. » Et puis, finalement, me voilà avec douze nouveaux titres, et un album que je considère comme le plus abouti. Là, je n'ai pas terminé mes chansons sur le coin d'un bar. Elles sont achevées. Si elles ne plaisent pas, je n'ai aucune excuse : c'est moi ! »

Résultat : un « album de variétés variées », où les thèmes et les tonalités musicales se succèdent, donnant un cocktail dynamique où l'humour et l'amour dominent. « La vie, ça va » confirme que Pierre Vassiliu figure bien parmi les meilleurs musiciens français et qu'il a su travailler le reggae, les rythmes afros et latinos, au profit d'un son bien à lui, qui n'a pas oublié le goût du rock qui lui valait d'ouvrir le concert des Beatles à l'Olympia en 1964. Ses années africaines ont teinté les titres de leur tempo, et particulièrement une douce et vive chanson dédiée à sa fille, « Léna ». « J'y ai trouvé des gens tellement gentils, chaleureux que je n'ai pas voulu vivre là-bas comme le millionnaire qu'y est tout de suite un Européen quelconque. Je me suis même fait initier au vaudou : drôlement impressionnant. »

Entouré d'une équipe qui a « un feeling formidable », il se prépare à en faire une véritable fête (« bouffe comprise »). On peut lui faire confiance, c'est un spécialiste…

CD de Pierre Vassiliu, « La vie, ça va », chez Polygram. (1993)

PATRICK APEL-MULLER.

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07:01 Écrit par Saï-Saï dans Général | Commentaires (0) |  Facebook |

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