31/10/2009

Vassiliu, de 1937 à 1966

Les années 1937 à 1966
De la naissance aux années Decca

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Pierre Vassiliu naît à Villescresne en Seine et Oise le 23 octobre 1937. Son père, d'origine roumaine, médecin, est violoniste tzigane et sa mère pianiste. Il va tout d'abord à l'école de Sucy-en-Brie. Pour lui, c'est le commencement de la fortune. Il vend n'importe quoi sous le préau pendant les récréations: des ampoules, des billes et des fixe-chaussettes. Il met tout l'argent dans ses poches car iln'a pas de tirelire. La musique, c'est le soir en rentrant à la maison. Le jeudi, il y a bridge et le vendredi concert. Outre ses parents, il y a un drôle de type, avec une raie au milieu, qui joue du violon. Pierre, son frère Michel et sa soeur Anne écoutent, attentifs et regardent amoureusement le trio. Il se souvient qu'il porte alors des galoches et des pantalons de golf et qu'iln'a pas le droit de dire un mot. Il grandit dans la musique, entre un frère aîné et une soeur plus jeune, dans le cadre d'une maison un peu bohème, toujours ouverte. Puis, un jour, sa mère quitte le foyer. Elle laisse derrière elle un enfant passionné, qui aime déjà la musique, la comprend et la ressent. Son enfance scolaire s'en ressent... A 15 ans, il s'achète une guitare avec l'argent qu'il a gagné sous les préaux. Après l'école de Sucy, il entre au lycée Albert de Mun, à Nogent. Et, ensuite, dans une école religieuse dans l'Aisne avant d'intégrer le collège de Provins. Entre deux lycées, il se retrouve au collège de Saint Maur. C'est là qu'il perfectionne sa voix en somnolant au premier rang de la chorale des petits chanteurs de Saint François d'Assise. Enfin, il échoue à paris, au lycée Charlemagne. Il est alors en troisième. A la sortie des cours, il joue souvent avec les copains dans les couloirs du métro de la station Bastille. En sport, il est gardien de but et, c'est la première fois qu'il se trouve doué pour quelque chose... Il fait des conquêtes et écrit ses premiers poèmes qu'il chante en s'accompagnant à la guitare. Il apprend en outre le piano et consacre ses heures de loisir à sa passion du cheval. Après son premier bac, il passe à l'institut universitaire libre et fait ses débuts au cabaret. Il se produit pour la première fois Chez Moineau, rue Guénégaud. Mais, passionné de sport équestre depuis des années,
il décide de s'y consacrer à plein temps.
Sa taille, son poids et sa vieille intimité avec les chevaux, qu'il fréquente depuis l'âge de 9 ans, mènent tout droit Pierre au dur métier de jockey-garçon d'écurie. pendant quatre ans, il ne fait que ça et en vit. Remarquable cavalier, il est moniteur dans un cercle hippique. Il se charge même du dressage et participe à quelques courses en gentleman. Au cours de l'été 1956, il est promu Maître écuyer. Deux de ses élèves se nomment Roger Pierre et Jean Marc Thibault... Sous les futaies de la forêt de Rambouillet, les deux cavaliers découvrent les talents extra-équestres de leur guide. Car, Pierre vassiliu n'a pas délaissé la musique. Au contraire, il compose de plus en plus. Ils lui accordent quelques mots de recommandation qui lui valent d'être reçu ç l'Ecluse et à l'Echelle de jacob. Il se débrouille plutôt bien et on sent que le métier le possède...si ce n'est le contraire! En 1958, il part faire son service militaire en Algérie, vingt neufs mois dans le Constantinois. Il en retirera un très mauvais souvenir qu'il évoquera plus tard dans sa magnifique chanson "Dans ma maison d'amour". Versé au service photographique de l'armée, il lui faut, parfois, photographier des cadavres. Et puis, la discipline et l'esprit militaire ne conviennent pas à sa nature. parrallèlement, durant ses temps libres, il se plonge dans la lecture et goûte fort les écrits d'Albert Camus et d'Emile Zola. Il fait également des conquêtes féminines, dont une AFAT (auxiliaire féminine de l'armée de terre) qui lui inspire la chanson "La femme du sergent", composition savoureuse et rigolote au rythme enjoué. Il compose aussi "J'ai l'honneur". Plus intimiste, mélodieu et aérien. Ce titre annonce déjà l'évolution future... A son retour, il reprend son métier et interprète chaque soir au cabaret les morceaux qu'il a ramené d'Algérie. Le 16 novembre 1960, Pierre vassiliu chante ainsi "La femme du sergent" à la télé, dans une émission de variétés. Il rencontre aussi une jeune femme, Marie, qu'il épouse. Ils s'installent dans une maison à Gouvernes. Ce petit bout de femme, comme il se plait à le raconter dans "A toi marie", ose braver l'opinion en choisissant elle-même son mari. Elle préfère tenter sa chance avec ce saltimbanque, cet artiste qui a le nez dans les étoiles, alors que ses parents rêvent d'un employé de banque, d'un ingénieur textile ou d'un cadre supérieur.
Une petite fille naît, baptisée Sophie.
Entre-temps, Pierre vassiliu est devenu le secrétaire d' Eddie vartan, frère de la belle Sylvie. Il propose ses chansons et "La femme du sergent" est enregistré fin '62 chez Decca pour le label Twist. Le super 45 tours sort en janvier 1963 avec un autre titre accocheur: "Armand", cosigné avec marie. De nombreux auditeurs fredonnent bientôt cette rengaine enjouée: "C'était un pauv'gars qui s'appelait Armand, l'avait pas d'papa, l'avait pas d'maman". "J'ai l'honneur", qui tranche avec l'esprit comique de l'ensemble, et "Les cacahuètes grillées" complètent ce disque. Pour un début, c'est plutôt réussi! Sur la pochette, Pierre vassiliu affiche un visage passablement candide. Le résultat ne se fait pas attendre. les Français aiment cet humour/calembour. Pierre Vassiliu vend près de 100.000 exemplaires de ce premier EP, repressé en avril sur étiquette Decca. "Armand" passe régulièrement en radio. On le voit alors en première partie de Richard Anthony à l'Olympia, à partir du 3 février, avec Annick Bouquet, Françoise Hardy, Boby Lapointe et Jacky Moulière. Son répertoire légèrement grivois est toujours bien acueilli. Le 27 mars, Pierre interprète "Armand", "la femme du sergent" et " Les cacahuètes grillées" à "Rendez-vous juniors" avec Claude François et Sheila. A l'Olympia, le spectacle "les idoles des jeunes", prévu pour durer la première quinzaine d'avril, suite à son succès, est prolongé de dix jours avec Pierre Brun, les Brutos, les Champions, Jean Jacques Debout, Little Eva, Claude François, Colette magny, les Tornados, Sylvie Vartan et Pierre vassiliu qui poursuit dans la veine humoristique avec "Charlotte" sur son deuxième EP, toujours dirigé par Eddie Vartan, de nouveau écrit avec Marie. En juin '63, Decca édite ce titre sur son second super 45 tours. Pour l'occasion, il pose à côté de son cheval qui a fait les beaux jours des concours hippiques, rappelant que, derrière le chanteur, sommeille le jockey capable d'imposer la fameuse et incontournable "Charlotte" avec son refrain délirant et enjoué: "Toc toc toc, qui qu'est là, qui qui frappe à ma porte, est-ce toi la Charlotte, est-ce toi ma bien aimée? Oui c'est moi la Charlotte, Je viens chercher ma culotte, ouvre vite beau culottier, fait pas chaud dans ton quartier". Pierre vassiliu est alors loin des préoccupations des artistes engagés ou existantialistes.
Son but est de faire marrer et ce disque aligne encore deux autres morceaux amusants: "Ronde enfantine" et "Le nombril". Seule la très bellecomposition "Trois étoiles", due à marie vassiliu, détonne par sa poèsie. Sur ce deuxième opus, il a droit à une dédicace, au verso, de maître Georges Brassens qui écrit: "Au temps où les porteurs de message sont légion, rien n'est plus agréable que de rencontrer au détour d'un disque, un chanteur qui ne vise d'autre but que de nous amuser, qui chante pour son plaisir et pour le nôtre. Pierre vassiliu appartient à l'espèce des artistes qui veulent la joie du public et non son ennui. En outre, tout en plaisantant aimablement, il ne se gêne pas pour être poète. Longue vie Pierre Vassiliu!". Le 23 septembre, Pierre se produit à l'Olympia, avec Hugues Aufray et Enrico macias, en première partie des Everly Brothers et de Peter, Paul and Mary. Le 4 novembre '63, Pierre passe à "Du Caf'Conc au Music Hall" avec Gilbert Bécaud, Jacqueline Boyer et Rita cadillac, puis, il part en tournée avec Johnny hallyday, Hugues Aufray, Fia karin, Laura et les Lionceaux. Tout ceci le mène de nouveau à l'Olympia où, du 15 janvier au 4 février 1964, il présente "Le twist anti-yéyé" en première partie de Trini Lopez, Sylvie Vartan et...Les beatles! Il a de quoi être fier, même s'il passe en lever de rideau. Quelle publicité! Son rôle de baladin grivois des temps modernes fait mouche. Il amuse la galerie et s'attire les faveurs du public. Decca en a profité pour mettre sur le marché son troisième disque en décembre 1963 avec une belle pochette où Pierre semble regarder la neige derrière une vitre. Arrangé par Jean Claudric, ce super 45 tours contient de bons titres comme "Alice"(signé avec marie)avec son intro bien rythmée qui donne le ton: "Quand j'ai connu ma douce Alice, c'était à l'hopital saint Louis, je faisais soigner mes varices et d vilaines maladies". Le décor est planté! Pierre Vassiliu fait rire et il récidive avec "Twist anti yé-yé", co-écrit par gérard Sire (amuseur et collaborateur de jean yanne) et Michel Simon. les paroles sont au diapason. L'équipe, par moquerie, va à contre-courant: "Yé-yé-yé-yé laisse-moi étudier, yé-yé-yé-yé, j'préfère travailler, maman j'veux pas être une idole, je préfère aller à l'école". Outre "Si j'avais su", "le coureur cycliste"
se distingue aussi par sa beauté lyrique...
Après l'Olympia de Johnny Hallyday, du 6 février au 15 mars, Pierre repart avec lui en tournée. Il y a aussi Eric Charden, Nathalie Degand, Laura & Sophie. La tournée durera jusqu'à l'incorporation de Johnny, en mai. Le 11 juin, Pierre Vassiliu chante "La femme du sergent" à "chansons pour la vie" avec Alain Barrière, Pétula Clark, Françoise hardy et Sylvie Vartan. Durant l'été '64, il donne quelques récitals sur le paquebot "France". José Artur (futur producteur du "Pop Club") est alors, de février 1964 à mai 1968, le directeur artistique des croisières sur le "France". Pour le music-hall, il s'entoure des grands noms de l'époque: Colette Renard, Les frères Jacques, Ricet barrier, Jacques Bodoin, Micheline dax, Jean Claude pascal, Amalia Rodrigues, Gérard séty, Nicole Croisille, Georges Ulmer, les frères ennemis, Virginia Vee et Pierre Vassiliu! Celui-ci ne démérite pas. Au contraire, il se professionnalise chaque jour d'avantage. Après Eddie Vartan et Jean Claudric, Ivan Jullien, à partir de juin 1964, assure la direction d'orchestre, sur le EP publié avec le titre vedette "Ma cousine", un thème de son épouse marie. Cet esprit paillard, utilisant toujours le calembour, connaît quelques soucis avec la censure en faisant rimer "pipe" avec "cousine"... La chanson regorge de jeux de mots et de chausse-trappes. Ainsi: "Connaissez-vous ma cousine, celle qu'a les yeux en trou de pipe, et qui le jour de mes vingt ans, avoulu m'faire son amant, voilà comment ça s'est passé, excusez-moi si c'est osé, puis quand elle fut dévêtue et que je vis le trou d'son nez, sincèrement j'aurais pas cru qu'on puisse être aussi négligée, elle n'avait rien de folichon, si vous aviez vu ses nylons, on aurait juré des chiffons, elle était sale enfin passons". Pierre joue ostensiblement avec l'attente de l'auditeur qui devine la prochaine rime. Ce procédé n'est pas nouveau  et rejoint quelquefois la chanson de corps de garde. mais l'artiste sait y faire et choisit on ne peut mieux son vocabulaire, même si celui-ci vole assez bas parfois. Fort de ce succès, il chantera plus tard "Mon cousin", toujours sur le même mode de rimes décalées. les autres chansons de ce EP, "A marée haute"(la Marne), "Le sahara" et "Georgette", sont moins marquantes. On peut dire qu'il a un certain penchant pour les prénoms. Son répertoire en est truffé. Il construit ainsi des personnages
qui marquent l'imaginaire du public.
Du 24 septembre au 14 octobre, Pierre vassiliu retrouve l'Olympia dans le spectacle de Claude François avec Pierre Barouh, les Swingle Sisters, Michèle Torr et Dionne Warwick. Puis il part en tournée avec Hugues Aufray, Sylvie Vartan et Thierry Vincent. Pour couronner son succès, Decca publie un premier album en janvier 1965. Celui-ci retient 12 titres sur les 16 de ses 4 premiers super 45 tours. Quelques notes au verso le présentent avec un portrait circonstancié: "En vérité, un curieux garçon, un visage aigu, mi-lutin, mi-oiseau, une moue ironique et tendre de la lèvre supérieure, les yeux chauds, tour à tour ronds et fixes, puis rêveurs et soudain réchauffés d'humour tendre: Pierre Vassiliu est insolite. De petite taille, la tête penchée, un peu rentrée dans les épaules qui se relèvent, un corps mince, agile, il déconcerte dès son arrivée, toujours brusque, innatendue." La pochette du 33 tours est très jolie, révélant un chanteur attentif mais déterminé. Au verso, lartiste s'amuse en présentant, déguisé, huit des personnages de ses chansons. En mars 1965, avec le fidèle Ivan Jullien, il enchaîne avec un nouvel opus. Celui-ci moins percutant, groupe "Les défilés", "Les cocus magnifiques" et "Adieu mon théâtre" autour de la chanson pivot "Eugène". Encore une fois due à Marie, dont le refrain accroche plus: "Eugène, tu m'gênes, Eugène, tu m'gênes, t'as qu'à r'tirer ta casquette, Eugène, tu m'gênes, avec ta grosse paire de...lunettes". Le 23 avril, Pierre Vassiliu et les Bab's sont à l'affiche de "Music-hall de France". Le 12 juin, il passe dans "Plein feux" avec Maurice Chevalier, Pierre perret et Sheila. 1965 est une bonne année! Fort de sa renommée, Decca lui confie la production de deux EP de Willy Lewis, ex-batteur des Chats sauvages, des Champions et des Gamblers, orchestré par Ivan Jullien dans le style Rhythm'n'blues. Le premier super 45 tours, en juin, aligne 3 adaptations plaisantes: "C'est tellement bon"("I got a woman" de Ray Charles), "Je suis relax" (de Joe Tex), "J'ai connu des filles" (de J.Crutchfield) et un original de Willy & Pierre, "J'aimerais tant". Le second, en novembre, tout aussi intéressant offre 4 titres parolés par Willy Lewis, "Une femme", "Un soir à Londres", Oui, ça me plait" et "Pourquoi". Tous deux chez Decca.
Mais c'est plutôt dans la chanson pour lui-même que Pierre Vassiliu reste le plus actif car le public apprécie toujours le style bouffon qu'il a su créer. Pour l'été 1965, Decca édite un autre EP, toujours dans la même veine avec pour titre fort: "Alain-Aline" suivi de "La famille Tuyau de Poêle", "Les joyeux drilles" et "La boutique à tabac". Et, le 6 juillet, sa "Famille Tuyau de Poêle" est au menu de "quoi de neuf". Parrallèlement, Claude lelouch lui a demandé de composer la musique du film qu'il a tourné avec Jeanine Magnan, Pierre Barouh, Amidou, Jacques Portet et jean Pierre Kalfon, "Une fille et des fusils". Pierre relève le défit avec l'aide de Ivan Jullien et offre les thèmes de "Une fille et des fusils", "Martine", "les fusils", Enghien", générique fin", etc. sur un très rare super 45 tours et encore plus rare 33 tours. Du 9 au 27 octobre 1965, il retrouve la scène de l'Olympia avec Richard Anthony, Claude Ciari, Shawn Elliot, Guy Marchand et sandie Shaw. 1966 est indiscutablement son année, avec la sortie de "Ivanhoé" paru en décembre '65. Tout le monde ou presque connaît le début: "Voilà qu'j'arrive les potes, je vais mettre ma culotte, et endosser ma grosse cote, j'ai fini mon p'tit saume, je me passe du baume, je vais coiffer mon haume, les Sarazins go home, Ivanhoé" Toujours arrangé par Ivan Jullien, cette chanson qui est derechef un tube, propulse ad vitam eternam Pierre Vassiliu au panthéon des bouffons. Les autres titres " Le manège désanchanté", "l'affaire du sciècle" et "La famille fainéant" (adaptation d'un morceau de Joe tex) sont, comparativement, moins concluants. Le 4 janvier '66, Pierre Vassiliu chante "La famille Tuyau de Poêle" et "Dans le train" à "Calembredaines". Fort de son succès "Ivanhoé", le 9 avril, il est l'invité de "Music Hall de France". Et, le 18 juin, il interprète "La page d'écriture" à "C'est la vie quotidienne". Seulement voilà, après un gros hit, Decca en demande un autre! D'autant plus que ces derniers temps ses disques se vendaient moins. Mais, récidiver avec autant d'impact n'est pas aisé. Surtout que Pierre cherche à changer de style. Ce n'est pas du goût des dirigeants de son label. Change-t'on un cheval gagnant? Vassiliu plait dans ce registre. Il doit continuer! La mode est au Jerk, en juin 1966; il se fend d'un autre super 45 tours dans la foulée. Un titre vedette, assez cru et plutôt cynique s'en détache:
"La foire aux boudins" (Jerk Beurk).
Si l'on juge que la chanson de Dominique Walter "Les petits boudins" manque d'élégance, alors, écoutons bien les propos distillés cruement par Pierre Vassiliu: "Yé-yé, c'est la danse des gros boudins, rien dans la tête ou dans les mains, et quand elles secouent leur gagne-pain, elles balancent comme des radiateurs, Ya, ya, elles portent des robes au d'ssus du genou, des g'noux aussi marrant qu'la guerre, elles ont l'impression de danser le Cheurk, moi je me pose la question en vain, si ça s'rait pas plutôt le beurk, You-you". Paroles on ne peut plus dures, dues à un Pierre Vassiliu corrosif. On est porté à le croire. Outre "La foire aux boudins", avec Ivan Jullien, les ringard's et la participation de Nicole Croisille, les autres morceaux, "Le petit maçon de Mâcon", "Une chanson pour danser" et même "Ta ta tar" ont un côté plus fade. Il faut dire que la lassitude à gagné l'artiste et qu'il a d'autres idées dans sa besace. Encore faut-il lui faire confiance et le laisser décider par lui-même! Il en a assez qu'on pense pour lui et qu'on agisse à sa place. Alors, "La foire aux boudins" n'est-elle pas une réponse cinglante envers une direction qui manque d'horizon? Ce que ne comprend pas sa maison de disques. En décembre 1966, il sort néanmoins "la femme du capitaine" (et non pas du sergent) couplé à "C'est Bébère", "Bonjour madame" et "Sur la grève" qui est son chant du cygne. En mars '67, Pierre Vassiliu revient avec "Les minettes", autre thème à la mode après les boudins. "La pipe à papa", "Je n'ai jamais osé parler aux femmes" et "Qu'est-ce qu'on s'paye". Le 13 octobre Pierre Vassiliu est à "Bienvenue chez Guy Béart" avec Pierre barouh et Nicole Croisille. Et, en novembre, il délivre son dernier EP chez Decca
 avant de quitter le navire, couplant en guise de baroud d'honneur "Et ta soeur" à trois prénoms: "Ignace", Eléonore" et "Dudule". Néanmoins, en décembre '67, il signe encore la musique du film de jean Daniel Simon "La fille d'en face" arrangée par Roland Vincent et éditée en simple. En 1974, Pickwick éditera un 33 tours de ses anciennes chansons incluant seulement quelques titres du premier album. Entre ses enregistrements, Pierre Vassiliu aide sa femme Marie, qui dirige une boutique de mode à Saint germain des Prés. Parmi les clientes favorites, on note la présence d'Isabelle de Funès pour qui il écrit des Bossa Nova. A présent, Pierre vassiliu a tout le loisir de penser à son futur disque qui a tant consterné Decca et entraîne son départ de cette firme au profit de celle d'Eddie Barclay.
Une page se tourne, une nouvelle va commencer!
(Dominique Martin de la Cruz/JukeBox magazine 201)

07:00 Écrit par Saï-Saï | Commentaires (0) |  Facebook |

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