15/08/2013

Entretien avec Ivan Perey

vassiliu entretien.jpg

Entretien avec Pierre VASSILIU par Ivan PEREY paru dans le n°85 du « Petit Format » la revue des adhérents du Centre de la chanson en octobre 2006 à l’occasion de la sortie du livre « Qui c’est celui-là ? »
Chanteur atypique et grand voyageur, Pierre Vassiliu se raconte dans un livre (Pierre Vassiliu , Qui c'est celui-là ?, Editions n°1).
Une ballade autobiographique où l'on croise Johnny Hallyday, Jacques Brel , Georges Brassens, Boby Lapointe, Baden Powell… et aussi des chevaux , des maisons d'amour, des voyages … et des chansons .
Rencontre avec cet étonnant personnage quelque part dans le sud de la France .
Le titre de votre livre " Qui c'est celui-là" , c'est une formule magique ?
C'est l'éditeur qui a choisi le titre . Moi , j'avais une autre idée .
Le titre fait référence bien sûr à une chanson qui a été votre plus gros succès .
Oui . C'était prévu pour une face B . Et puis , elle a été un succès énorme . Je viens encore de l'enregistrer en portugais .
30 ans après , elle passe toujours à la radio , mais les derniers disques passent moins .
Ils ne passent pas du tout . J'en ai fait 17 depuis . Et je continue . C'est un plaisir d'écrire et d'enregistrer . Mais c'est le service après-vente qui est épuisant .Je me suis beaucoup investi dans mon dernier disque ( " Pierre précieuses " ) et on n'en parle pas ..Il a été produit par une bande d'amis . C'était un gros travail .
C'est peut-être du à une mauvaise distribution ?
Non, c'est les radios , les télés. Ils ne me passent plus . Comme ils ne passent plus un tas de gens . Tout est planifié …Moi je ne me plains pas trop . Je suis heureux comme je suis . J'existe encore parce que je suis un retraité du showbiz … mais j'ai des petits regrets des fois.
Mais si on vous invite à la Star'Ac , vous y allez ?
Peut-être . Je suis peu reconnu par mes pairs donc.. j'irai .C'est une émission où on peut chanter …
Le marché du disque est en plein bouleversement avec internet aujourd'hui . Vous avez connu les grandes maisons de disques comme Decca, Barclay, RCA…C'était une autre époque .
Les meilleurs souvenirs , c'est chez Barclay .On travaillait dans de très bonnes conditions . C'est là que j'ai connu mes plus grands succès . Mais on m'a viré quand même, plus tard, en même temps que Nougaro .
Vous êtes un des rares à avoir chanté des chansons très paillardes , celles-ci étaient interdites à la radio …
Oui , pourtant beaucoup de gens se souviennent de certaines comme En vadrouille à Montpellier , parce que les boites de nuit la passaient après 4 heures du matin …Quand on danse sur cette chanson , on s'en souvient toute sa vie .
Vous avez fait aussi de très jolies chansons tendres comme Amour Amitié . Yves Duteil a dit un jour que c'est une chanson qu'il aurait aimé écrire …
Jean-Loup Dabadie l'a dit aussi . Ça fait plaisir …J'avais écrit ce morceau en pensant à Nicole Croisille . J'explique tout dans mon livre .
Vous me faites un peu penser à ces joyeux cancres du fond de la classe qui jettent des boulettes mais qui peuvent aussi épater la maîtresse avec un joli poème .
Oui, c'est un peu ça. En fait , je ne suis pas tellement un rigolo . Quand j'ai débuté , on me qualifiait de " Comique troupier " , ça me plaisait pas trop .
Une grande partie de votre livre est consacrée aux voyages . Est-ce que ces nombreux voyages n'ont pas nui à votre carrière dans la mesure où vous étiez rarement en France pour faire la promotion de vos disques
Oui , bien sûr . Nougaro m'a dit quelques jours avant sa mort : " Notre liberté, on la paye cher ." Il avait raison . Déjà , je m'étais exilé dans le Lubéron à une époque où ça se faisait pas . J'avais Léonard Cohen comme voisin et Maurice Ronet . C'est tout .
Vous avez été un des premiers à avoir introduit des rythmes exotiques dans la chanson bien avant qu'on parle de World Music .
Oui, c'est à cause de Manu Dibango . Quand j'étais jeune , j'allais à la salle Wagram le dimanche après-midi , c'était un bal antillais . Manu Dibango avait son orchestre de bal . C'est là que j'ai percuté …
Vous reprenez des chansons du répertoire sur votre dernier disque comme L'étrangère et Mon pote le Gitan . C'est justement des chansons qui évoquent les voyages et les rencontres .
Oui, Mon pote le Gitan la chanson m'avait beaucoup touché quand j'étais môme . La liberté du gitan qui hausse les épaules devant le producteur ….J'adorais Mouloudji . Juliette Gréco aussi . C'est la première qui m'a appelé quand je faisais les cabarets pour que je lui écrive des chansons .Je me suis pointé chez elle . J'avais 20 ans . J'ai chanté mes chansons au pied de son lit dans mon petit costard . Elle prenait le petit déjeuner avec Françoise Sagan
Et Brassens ? Il avait mis un mot sur votre premier disque …
J'étais allé dans sa loge pour lui présenter mes petites chansons . Il était aussi timide que moi . J'ai une admiration sans borne pour la personne . Il m'a fait un mot très gentil .
Vous vous souvenez de votre passage à l'Olympia avec les Beatles ?
Oui. J'ai fait beaucoup de premières parties. Pour les organisateurs de spectacles , à l'époque , il en fallait pour tous les publics . Je suis passé souvent après des acrobates , ou des petits chiens … Moi j'adorais ça .
Vous avez des amis dans le métier ?
Pas beaucoup . Alain Bashung . J'étais très ami avec Eddy Mitchell mais je ne le vois plus . Je vois Johnny régulièrement .C'est un ami de 40 ans . Je lui ai écrit une chanson , mais il ne l'a pas prise .
Votre devise ?
Tenter de vivre la vie qu'on souhaite .
Et alors ?
Ça va . Je viens de passer deux semaines en Casamance, au Sénégal. Et là, d'où je suis , je vois la mer . Donc, tout va bien
Ivan PEREY

08:31 Écrit par Saï-Saï dans Général | Commentaires (0) |  Facebook |

Les commentaires sont fermés.