10/03/2018

Nouveau dans les bacs!

Pierre Vassiliu ‎

"FACE B - 1965​/​1981"
NOUVEAU

existe en téléchargement, CD et LP vinyle - commande internet ou chez votre disquaire.

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Une Fille Et Trois Garçons
En Vadrouille A Montpellier
Ne Me Laisse Pas
Film (je cherche encore une fille...)
Sophie
Le Manège Désenchanté
Alentour De Lune
Est-ce Qu'on Peux Voler?
Il Etait Tard Ce Samedi Soir
On Imagine Le Soleil
Je Suis Un Pingouin
En Réponse A Votre Lettre Du 2.11.72

05:49 Écrit par Saï-Saï dans Actualité, Chanson, Général, Musique | Commentaires (0) |  Facebook |

13/02/2018

Encore Vassiliu dans Libé

Pierre Vassiliu, Epicure de rappel

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Trois ans et demi après la mort du chanteur hédoniste aux allures de clown nonchalant, la compilation «Face B, 1965-1981» permet de redécouvrir une douzaine de ses titres, marqueurs d’une époque où régnaient convivialité et liberté sexuelle.

«Faites-vous la belle vie dont vous avez envie.» Il paraît que c’était la devise de Pierre Vassiliu (mort en août 2014), d’après son autobiographie publiée à la fin des années 80, intitulée la Vie à rien faire. Oh, rien… Quelque chose, tout de même, et avec passion : de la musique. Une compilation de douze chansons, Face B, 1965-1981, vient de paraître sur le label Born Bad Records et donne à cette activité oiseuse la teneur d’une riche et belle œuvre cachée. Rassemblée et présentée avec une tendresse communicative par Guido Cesarsky, Face B offre une édition vinyle remastérisée à des joyaux d’une autre histoire de la chanson française, issus d’albums de Vassiliu encore jamais réédités.
Ceux qui ont connu la télévision française des années 80 y ont vu cent fois la bouille de Vassiliu, avec sa moustache et sa facétie de clown, sa voix traînante et douce, son allure de poète nonchalant, son air de has been. Il faut dire que sa carrière fut longue. Des premières chansons paillardes écrites en 1962 par son frère, Michel (Armand, la Femme du sergent») à Qui c’est celui-là ?, adaptation d’un morceau de Chico Buarque qui fait son succès en 1973, il y a déjà un monde : le choix d’écrire ses propres textes, le goût d’une musique qui n’accompagne pas seulement les paroles mais les emmène ailleurs, «tout là-bas». «Car tout là-bas, c’est chez moi», comme il le chante sur la superbe et sombre chanson Alentour de lune.
Longue discographie
Fils d’un père médecin, émigré roumain violoniste à ses heures, et d’une mère «qui jouait fort bien du piano», Pierre Vassiliu est né en 1937, dans ce qui s’appelait alors la Seine-et-Oise, et a passé sa vie à descendre toujours plus au sud - il a tenu un club de jazz au Sénégal à la fin des années 80. La vie, Pierre Vassiliu a voulu la vivre en chemise légère, avec les yeux plissés et un petit sourire en coin. Pourtant, le père était «horrible», l’enfance douloureuse mais sauvée par le goût des «grosses conneries» avec les amis. De la maison paternelle, Pierre est chassé à 15 ans. Ça ne rigole pas. Mais ça rigole. Toute son adolescence, il a la passion de l’équitation, des souvenirs éblouis de galops, seul ou avec les autres. Et puis, à 18 ans, il commence à jouer de la guitare. Il ne lit pas la musique, contrairement à ses parents. Mais il passera sa vie à la désirer tout le temps.
Sur les plateaux de Jacques Martin et de Patrick Sébastien, on ne perçoit pas toujours cette discrète mélancolie d’une utopie lointaine à vivre ici et maintenant, auprès de ceux qu’on aime. Mais à l’écoute de sa longue discographie, de tous ses textes qui documentent avec une clarté désarmante tous les moments, toutes les sensations de sa vie et son rapport aux êtres qui y ont compté, on n’échappe pas à cette évidence : Vassiliu n’était pas là pour rire, il était là pour vivre. D’une vie particulière, d’une vie d’artiste, telle que l’avait promise la contre-culture : une vie où ne rien faire deviendrait un geste politique, où le sexe et l’amour seraient libérés de leurs mauvais mythes, où la sagesse rendrait plus fou.
Des corps qui se serrent, des jouissances bien physiques, des types qui matent en coin, des coucheries ou des désirs naissants : les chansons de Vassiliu en sont peuplées. Comme dans Film (1973) ou la longue dérive nocturne d’un dragueur en quête «d’une fille qui voudrait bien de lui encore un quart d’heure» ; comme dans En vadrouille à Montpellier (1974), qui lève langoureusement le voile sur l’union sexuelle d’un homme et d’une jeune fille de 16 ou 17 ans ; comme dans Déshabille-toi (1975), chanson qu’il signe Marie Vassiliu, où la drague tourne à la baise sordide ; comme dans Bonsoir Madame (1970), point de vue d’un jeune garçon abusé le jour où il fait l’amour pour la première fois. A aucun moment ne subsiste un doute sur le fait que toutes ces séquences ont été vécues. Ce ne sont pas vraiment des chansons érotiques, pas non plus des pochades grivoises, comme on souscrirait aux codes d’un genre, mais des évocations d’âges de la vie, et d’une époque aussi, où l’on parlait de «libération sexuelle». Dans cette libération, on sent que Vassiliu s’est reconnu, tout en vouant un amour quasi chevaleresque à Marie - avant leur rupture en 1975 - à laquelle il adressait si souvent ses plus belles chansons. La subjectivité est toute masculine, mais la virilité désinvolte, comme l’éclat de rire mal contenu qu’on entend dans la chanson Il était tard ce samedi soir (Tarzan), au moment où Vassiliu imagine un Tarzan né au Tyrol.
Part d’improvisation
Sur la pochette de Face B, l’illustration de Camille Lavaud croque bien cette ambiance d’une communauté libre et amicale, où les filles vont les seins nus et regardent droit dans les yeux, où l’on se rassemble à la table dans le jardin d’une grande maison dans laquelle tout le monde peut entrer. Il y a chez Vassiliu ce ton de l’hospitalité, un paradis caché dans la vie domestique. La porte est ouverte, entre et sort qui veut, comme dans la merveilleuse Une fille et trois garçons (1974), qui ouvre la compilation, sur laquelle il chantait en 1974 accompagné d’un chant de cigales : «Quand j’aurais 40 ans/ Si on me laisse le temps/ J’veux qu’ma maison soit pleine comme toujours/ De bruits, de déraison, de calme et puis d’amour/ Qu’il y ait des poivrots musiciens ou poètes/ Des vrais, qui ont du talent et qu’ont pas la grosse tête.»
Parce que tout cela bien sûr ne serait rien sans musique : le cœur de cette forme de vie que Vassiliu s’était choisie. Des musiciens, il en aimait beaucoup : Georges Brassens, Bobby Lapointe, mais aussi Leonard Cohen ou Donovan, les Rita Mitsouko qu’il trouvait vraiment neufs, Ravel, découvert sur le tard, la MPB (musique populaire brésilienne) de Caetano Veloso et du groupe Os Mutantes, plus tard le mbalax sénégalais, la musique de Touré Kunda ou de Youssou N’Dour. Il s’entourait de musiciens hors pair comme le bassiste et contrebassiste de jazz Marc Bertaux ou le guitariste Claude Engel. En concert, il aimait tendre des pièges, augmenter sans prévenir la part d’improvisation. A la fin de Face B, il y a cette chanson qui émeut, En réponse à votre lettre du 2.11.1972, où l’on comprend qu’il s’adresse aux musiciens et amis avec lesquels il vient de finir ce «petit enfant de cire» qu’est l’album Attends, enregistré au château d’Hérouville (Val-d’Oise). «Bernard, Jean-Claude, Joel, Andy…». Il a la voix qui tremble un peu, les larmes aux yeux peut-être. C’est lui l’enfant, trop heureux de jouer, de pouvoir se faire cette vie de musique, libre.
Vassiliu n’est pas l’homme d’un tube. Entendez-vous sur Qui c’est celui-là ? ce guiro léger et cette douceur dans les chœurs ? Mais ne restez pas plantés sur le seuil : «Prenez un rayon de soleil/ Suivez-le à travers le ciel/ Quand vous le verrez tout entier/ Là vous serez presque arrivés» (Marie en Provence, 1974). Et vous serez bien accueillis, car là-bas, c’est chez lui.
Agnès Gayraud
Pierre Vassiliu Face B, 1965-1981 (Born Bad Records).
Agnès Gayraud - Libération.fr

06:21 Écrit par Saï-Saï dans Actualité, Chanson, Général, Musique, photo, Texte | Commentaires (0) |  Facebook |

12/02/2018

CE QU'EN PENSE LE NOISE...

Pierre Vassiliu
Face B - 1965 / 1981 (Born Bad Records) février 2018

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Une compilation de morceaux de Pierre Vassiliu ? Sérieux ? Chez Born Bad ? Ah, si c’est chez Born Bad, c’est qu’il y a anguille sous roche et qu’il faut gratter un peu plus que ce que nous connaissons du chanteur Français.
Pas grand-chose en fait. Naturellement l’architube "Qui c’est celui-là" (1974) qui est l'adaptation d'une chanson brésilienne, "Partido Alto" de Chico Buarque. Une reprise qui passa moyennement bien auprès des musiciens brésiliens qui n'acceptèrent pas vraiment que Pierre Vassiliu ait fait d'une chanson politique et engagée quelque chose d’humoristique.
Il y a aussi "La femme du sergent". Et puis cette voix chaloupée qui bercera notre enfance dans le Robin des bois de Disney. Voilà, c’est tout ou presque. On le savait voyageur, fantaisiste, grand maître de la contrepèterie, dilettante atypique et aimant s’entourer de super musiciens comme Bernard Lubat. Mais c’est tout et cela nous suffisait très largement.
Donc une compilation sur Pierre Vassiliu. Mais pas un best of. Ou un autre best of, versant Face B, histoire de découvrir le musicien autrement que par le prisme des horribles Master Serie. On y retrouve parsemées par-ci par-là mais omniprésentes ses influences africaines et brésiliennes aussi bien dans les rythmiques que dans les mélodies. Et puis ces mélodies qui ondulent sur des paroles par toujours très chastes ("En vadrouille à Montpellier", "Film"). Des chansons comme on n’en ferait plus, encrées dans une époque dorénavant bien révolue.
Mais Pierre Vassiliu touche à tout : à l’ironie ("Une fille et trois garçons", "Je suis un pingouin", "On imagine le soleil", "Le manège désenchanté", "Il était tard ce samedi soir"), à la variété luxueuse ("Ne me laisse pas", "Est-ce qu’on peut vole ?", "Sophie", "En réponse à votre lettre du 2.11.72") ou à quelque chose de plus grave ("Alentour de lune"). Une compilation une nouvelle fois indispensable (au minimum pour ceux qui souhaitent découvrir un peu plus le bonhomme), tout comme un label qui devrait être reconnu d’utilité musicale publique.
En savoir plus :
Le site officiel de Pierre Vassiliu
Pierre Vassiliu sur le Bandcamp de Born Bad Records
Le Noise (Jérôme Gillet)/https://www.froggydelight.com/article-20069-Pierre_Vassil...

03:48 Écrit par Saï-Saï dans Actualité, Chanson, Général, Musique | Commentaires (0) |  Facebook |

04/02/2018

"Libé" 17 AOÛT 2014...

Pierre Vassiliu, il a eu une drôle de vie, ce type-là
(papier de Libé 17 août 2014)

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Le chanteur populaire à la célèbre moustache, connu grâce à son tube «Qui c’est celui-là ?», est mort dimanche à 76 ans.
Qui c’était celui-là ? Pierre Vassiliu, mort dimanche à Sète à 76 ans, était l’auteur interprète de «Qu’est-ce qu’il fait, qu’est-ce qu’il a ? Qui c’est celui-là ? Il a une drôle de tête, ce type-là…» En 1973, numéro 1 au hit-parade, il vendit 300 000 exemplaires de cette reprise de Partido Alto du Brésilien Chico Buarque. Le succès de la chanson tenait aussi à l’harmonie entre ce qui était chanté et l’apparence du chanteur, avec son allure impeccable de bizarre Astérix de banlieue.
Rétrospectivement, Pierre Vassiliu est associé uniquement à ce tube mais, d’une part, il en a fait au moins un autre et, d’autre part, il n’a pas fait que des tubes. Il débarque vraiment dans le milieu des variétés à partir de 1962, faisant la première partie de spectacles des Beatles et de Claude François à l’Olympia, grâce à son fameux Armand : «C’était un pauv’gars/ Qui s’appelait Armand/ Y n’avait pas de papa/ Y n’avait pas de maman.» Soit une inventivité oscillant entre Pierre Perret et Boby Lapointe.
Cabarets.
Pierre Vassiliu est né le 23 octobre 1937 d’un père médecin immigré roumain et d’une mère mélomane. Sa première rencontre avec le music-hall se fait dans le crottin, au sens propre. A 16 ans, aspirant jockey, il en est réduit à donner des leçons d’équitation pour vivre. Ses élèves ? Darry Cowl, Jean-Marc Thibault, Roger Pierre, trois des grands amuseurs publics de l’époque. Ces deux derniers lui mettent le pied à l’étrier de la chanson en poussant le guitariste à écrire. La guerre d’Algérie sera décisive. Quand il y est envoyé, à 18 ans, l’armée le charge de photographier des cadavres de résistants algériens pour la propagande française (la propagande a ses raisons que la raison ne connaît pas). Il écrit alors la Demande de permission, chanson antimilitariste qu’il diffuse via le haut-parleur d’un camion de sa caserne. Il ne reçoit pas des tomates pourries mais trois mois de cachot après conseil de guerre (le public militaire gradé a des goûts très arrêtés). A son retour, il rencontre meilleur accueil à Paris dans les cabarets de la rive gauche avec la Femme du sergent, rapidement censurée pour cause d’événements d’Algérie.
Tout au long des années 60, il connaît un succès d’estime stable, sans aucune comparaison toutefois avec celui des idoles du yé-yé. La chose est donc réparée en 1973 quand la France entière se demande «Qui c’est celui-là ?» Car c’est vrai que c’est un drôle de type, ce mec-là. Un gars capable, cette même année 1973, de, un, tomber amoureux d’une ex-Miss Monde, néerlandaise, mariée qui plus est (et prénommée Laura) ; deux, de faire appel à un ami pilote pour aller enlever la jeune femme en hélicoptère au fond de son jardin ; trois, de fuir avec elle au Maroc en camping-car. Le voyage continue jusqu’à Dakar où Vassiliu ouvre un club de jazz en 1984. Ça ne doit pas marcher trop fort puisqu’il rentre en France en 1986, fauché, et bénéficie de la générosité de Coluche qui offre au couple le jardin de sa maison, près du parc Montsouris, pour planter leur tente. Dans son portrait paru dans Libération en 2004, il s’amusait aussi d’un dîner à Cuba à la table de Fidel Castro avec Georges Marchais.
Normalité.
Pierre Vassiliu faisait partie, dans l’imaginaire collectif, de ces chanteurs qui ont fait leur carrière commerciale grâce au succès d’une chanson. Ainsi, il déclarait à Libération «avoir vécu une quinzaine d’années avec le fric» de Qui c’est celui-là ?. La renommée du titre cachait son ouverture aux musiques du monde, auxquelles il consacra un festival, à Mèze, dans l’Hérault. A propos d’Hérault, c’est là qu’il avait tiré la matière d’un morceau à l’érotisme un peu âpre, en 1974 : En vadrouille à Montpellier, dans lequel il décrit une danse plus que langoureuse avec une mineure en boîte, en mal de consommation.
C’est sans doute son allure franchouillarde, étrange de normalité, et ses chansons aux textes marqués par une vision décalée, et même parfois délibérément ringarde, de la sexualité ou de l’amour, qui avait justifié le retour en vogue de cet hurluberlu bon vivant. Récemment, Pierre Vassiliu avait déjà été exhumé de son relatif oubli par une poignée de jeunes artistes, en résonance avec la tendance de ce début des années 2010 de faire revivre une allure seventies foutraque, en cinéma, mode et, en l’occurrence, en musique. Des morceaux de Pierre Vassiliu avaient ainsi été remixés par des DJ, dont Guido Minisky. Et le chanteur Arnaud Fleurent-Didier, auteur en 2010 de l’album la Reproduction, louait son univers, l’avait fait monter sur la scène de la Cigale en 2011 et avait évoqué pour Liberation.fr son «parlé-chanté très doux et la tendresse de sa voix».
Mathieu Lindon, Clément Ghys/ http://next.liberation.fr/culture/2014/08/17/pierre-vassi...

11:48 Écrit par Saï-Saï dans Chanson, Général, Musique, photo, Texte | Commentaires (0) |  Facebook |

BATTRE L'ACTU TANT QU'ELLE EST CHAUDE...

Souvenir d’une rencontre entre Pierre Vassiliu et Arnaud Fleurent Didier

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Plutôt que de nous lancer dans une biographie nécrologique pour rendre hommage à Pierre Vassiliu, décédé ce week end, nous préférons mettre en ligne l’article que le magazine Serge avait publié en avril 2011 : un reportage rare et touchant, écrit par Guido Minisky racontant une rencontre entre Pierre Vassiliu et Arnaud Fleurent-Didier.
Dans quelques minutes, un homme de 74 ans, qui a tout connu de ce que peut offrir le showbiz, va monter sur scène pour chanter une chanson aux côtés d’un homme de 36 ans, qui débute dans le métier. Le plus jeune est la tête d’affiche, le plus vieux est son chanteur préféré.
La grande histoire
Pierre Vassiliu est une vedette. Un nom connu de tous, sans que l’on sache bien pourquoi. Ce qu’il n’a jamais eu, c’est une reconnaissance à la hauteur de son talent d’auteur. Ses heures de gloire, il les a connues avec un premier tube à l’aube des années 60, “Armand” (dans un genre chansonnier qu’il renia vite), et un second au milieu des années 70. “Qui c’est celui-là”, destiné à être une face B et torché en quelques heures, est catapulté en haut des charts par les décideurs radio – tuant au passage le fabuleux “Film” souhaité comme single par le chanteur. Deux chansons rigolotes, un physique rondouillard, une moustache voyante, des chemises criardes, le ton est donné?: Vassiliu est un marrant.
Pourtant, en plongeant dans sa fascinante discographie (d’Amour/Amitié en 1970 à Déménagements en 1978), on découvre un artiste touchant et drolatique plutôt que “fendard”. Son recueil de singles (Qui c’est celui-là??, 1974) regorge de sincérité et de rythmes démoniaques. Le titre “Qui c’est celui-là??”, c’est l’arbre qui cache une forêt merveilleuse. Mais subitement la forêt s’assombrit. Marie, sa femme adorée, au centre de ses textes, le quitte un beau matin, soûlée de solitude. Dévasté, il renie d’un coup toutes ses chansons, oublie “On imagine le soleil”, rejette “Marie en Provence”. La débâcle déborde, il saborde des passages télé et se fâche avec sa maison de disques.
En plein trip, il chante dans les rues de Bombay et kidnappe en avion son nouvel amour, Laura, avec qui il vit toujours. Après un Vassiliu (1979) halluciné, mi-world mi-progressif, il se tourne vers les rythmes africains puis cubains. Son dernier disque (Pierre Précieuses, 2003) est son meilleur depuis vingt ans. Mais il n’en vend pas et sa carrière stoppe net en 2008 sur une participation au bric-à-brac nostalfric, la tournée mouroir Âge tendre et tête de bois, où, aux côtés de ringards de la variété française, il chante onze minutes par soir un medley des chansons comiques qui l’ont empêché d’accéder au statut d’auteur majeur qu’il est.
Arnaud Fleurent-Didier fait partie de ce groupuscule de fans qui vénère “Mon amour mon amour” ou “Pourquoi??” : “La première chanson qui m’a vraiment surpris, c’est ‘Film’. Je l’ai découverte tard, à 25 ans. Après j’ai gratté, je me suis fait un best-of d’une vingtaine de chansons.” La liberté d’écriture de Vassiliu l’a inspiré et l’inspire encore. “Il y a plein de clichés dans ce qu’il fait. Il ne concourt pas pour le premier prix du texte?: parfois, il ne rime pas, il répète les mots. Parce qu’il s’en fout. Il est libre. Pas pour dire ‘je vous emmerde’ mais pour donner des émotions aux gens. Ce sont les codes d’émotion qui l’intéressent, pas les règles d’écriture. Je ne connais pas un autre chanteur comme lui. Je ne connais que des chanteurs qui jouent à la liberté.”
Dès 2005, Arnaud contacte Vassiliu pour lui proposer de l’enregistrer, rêve à un album hommage ou à des scènes communes… À l’époque, le vieux l’éconduit. En 2010, devenu vedette à son tour et fin conspirateur, Arnaud parle de Pierre au Grand Journal de Canal+ et se paie ainsi toute l’attention de son héros, qui accepte de le rencontrer. Il organise (contre l’avis de son tourneur) un concert près de Sète où réside Vassiliu, et fomente un plan qui le conduira à venir chanter à ses côtés à la Cigale en février. La programmatrice du Casino du Cap d’Agde, qui n’en croit pas ses yeux de “faire AFD” dans sa salle cheap, ne se sent pas du tout manipulée, pas plus que les journalistes de Serge, qui donnent corps à l’opération. Chacun y trouve son compte et c’est là tout le charme de l’artiste têtu, qui parviendra évidemment à ses fins.
La petite histoire
Nous nous trouvons dans la salle de concert de la célèbre station balnéaire échangiste en plein après-midi d’hiver. Pierre Vassiliu assiste à la balance. Invité pour le concert, personne ne lui a encore demandé de chanter. A-t-il pourtant perçu la manœuvre?? Il est habillé pour la scène, belle veste et beau chapeau, mais quand Arnaud Fleurent-Didier l’apostrophe entre deux morceaux et l’invite à balancer, il semble ne pas comprendre. “Qu’est-ce qu’il veut dire??” “Il veut que vous montiez chanter une de vos chansons avec lui”, lui souffle-t-on. “Je ne sais pas si j’ai envie”, cabotine l’ancien, déjà en route vers la scène. La répétition est dure?: Arnaud a choisi “Le vent souffle où il veut et quand il veut”, un titre fleuve (neuf minutes) sublime, de 1975, dans lequel, pour changer, Vassiliu adressait à sa Marie des mots d’amour. Il ne l’a jamais chantée en public. Peu après sa parution, Marie le quittait et la chanson rejoignait le cimetière de sa mémoire. La réaction est immédiate?: “Pas celle-là.” C’est mal connaître l’entêtement du jeune fan qui le convainc d’un geste et d’un regard. La répétition est atroce. Vassiliu ne s’entend pas, marmonne, déraille, ne parvient pas à lire les paroles. Arnaud demande à l’ingé son de couper les micros, congédie ses musiciens et répète en tête-à-tête avec l’auteur ce morceau qui lui semble revenu de l’enfer. Trop fier pour se plaindre, trop artiste pour se défiler, Vassiliu s’exécute tant bien que mal, mais se refuse à chanter le prénom de Marie. Une seule et unique répétition qu’Arnaud conclut plein de chaleur et d’optimisme. Vassiliu retourne s’asseoir, chamboulé mais prêt à affronter la suite.
Une heure plus tard, la salle se remplit d’un public inattendu. Un car du troisième âge prend place, escorté de locaux tout rouges encravatés et de dadames en fourrures. Vassiliu hallucine. Ce public, il le connaît par cœur, c’est celui d’Âge tendre et tête de bois. Suant, il délire à voix haute?: “Ils vont vouloir que je fasse ‘Qui c’est celui-là??’, ils vont me siffler.” Une mamie s’approche, papier dégueu dans une main, bic orange dans l’autre. “On peut avoir un autographe, m’sieur Vassiliu?? Vous savez, nous on vous adore hein, vous avez bercé notre jeunesse à Toulouse hein.” La routine. Mais dans les yeux de Pierre, la terreur. Faut-il leur montrer qu’une carrière ce n’est pas qu’une chanson?? Ou faut-il donner aux gens ce qu’ils veulent?? En proie à une véritable panique, il sait très bien qu’il ne peut pas refuser la scène mais doit trouver une alternative à ce qu’Arnaud a prévu. Sauf qu’Arnaud a disparu et que le concert commence dans quelques minutes. Vassiliu est pris au piège.
En live, La Reproduction (le dernier album d’AFD, ndlr) est d’une intensité qu’on n’aurait pas pronostiquée. Bête de scène, Arnaud virevolte, regarde la salle dans les yeux, tape des solos de guitare. Accompagné de vidéos, tenu par le fil rouge musical de la chanson “Mémé 68”, irradié par les voix volubiles du chanteur et ses deux musiciens, le show ne connaît pas de temps mort. Le public, conforme à celui qui regardait Jacques Martin à la télé le dimanche, lui fait un triomphe. Arnaud chante “En vadrouille à Montpellier”, “un morceau de mon chanteur préféré.” Et au rappel, raconte au public?: “Je suis venu au Cap d’Agde pour le rencontrer. Pierre, tu viens sur scène??” Sans une hésitation et sans sa canne, Vassiliu se lève et répond, jovial?: “Qu’est-ce qu’il se passe, on m’appelle?? J’ai vu de la lumière, alors…” Il a tombé le chapeau, se fait aider par un gros roadie pour grimper les escaliers du podium. Nous tremblons de peur quand Arnaud joue les premières mesures de “Le vent souffle…”.
Au micro, Vassiliu improvise quelques lalala. Sous les projecteurs, son corps s’est redressé. Sa voix s’est transformée. En un instant, il est dedans, et juste. Nous sommes sans doute moins de dix à prendre la mesure de ce qui se joue devant nous, l’émotion nous prend à la gorge. C’est la première fois qu’il interprète cette chanson sur scène. Et la première fois depuis trente-cinq ans que Pierre chante un morceau de sa “période Marie”. À la fin, notre rythme cardiaque a doublé de cadence. Dorothée, musicienne d’Arnaud, fond en larmes. Le public debout applaudit sans discontinuer pendant de longues minutes, comme dans un film hollywoodien. Puis Vassiliu prend la parole… et tout vacille.
“Merci. Je vais vous en faire une ou deux autres. Alors… Vous connaissez la différence entre un rappeur et un campeur?? Le rappeur nique sa mère et le campeur démonte sa tente.” Rires dans la salle. Arnaud sourit. Son Vassiliu privé vient de laisser place au Vassiliu public. Arnaud voulait faire la lumière sur la mélancolie méconnue et l’art de l’émotion forte dans la rime simple. Mais il arrive trop tard, la zone d’ombre est aux abonnés absents. Atteint de Parkinson, qui l’empêche de jouer de la musique depuis deux ans, le vieux chanteur entretient ce qui le lie au public. Pourtant Arnaud sourit, parce que sur scène règne l’autre qualité de Pierre, la liberté. Celle de faire le con et de se montrer tel qu’il est (celui-là). Backstage, il ne se plaint même pas de la maladie, ne montre ni regret ni amertume quand il évoque ses derniers disques peu vendus. “T’as aimé le succès??”, lui demandait Arnaud la veille au restaurant. “Oh oui. Terriblement. Arriver sur une scène, devant 5000 personnes, quel pied?!”
L’Histoire
Cinq jours plus tard, Vassiliu monte à Paris refaire le duo sur la scène de la Cigale (version moins réussie). Shot de public, coup de fouet, coup de jeune, il ne veut plus partir. Installé chez des musiciens à Meudon (Renaud??), il n’a toujours pas pris de billet de retour. “Je me sens en super forme. J’ai même attrapé un rhume. Je me balade dans la forêt, je croise des petites… Et puis chez mes copains, j’enregistre des maquettes pour un nouvel album.”
Guido Minisky/Tsugi/https://www.tsugi.fr/souvenir-dune-rencontre-entre-pierre...

11:44 Écrit par Saï-Saï dans Chanson, Général, Musique, photo, Texte | Commentaires (0) |  Facebook |

27/01/2018

VASSILIU DANS L'ACTU

VASSILIU PRIME

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On y est, l’heureux élu pour la 100ème référence du label parisien (domicilié à Romainville -9-3- ) Born Bad, qui a reçu en 2017 le « Prix du petit label » indépendant, est le défunt moustachu Pierre Vassiliu. Très bonne idée de la part du boss JB de célébrer la 100ème avec ce chanteur de « variété » qui a mené une carrière complètement atypique. Cet auteur compositeur et interprète commence sa carrière dans les années 50, mais son premier grand succès public ne date que de 1973 avec Qui c’est celui-là ?. Le texte est de Pierre Vassiliu et la musique est l’adaptation de Partido Alto, un tube brésilien de Chico Buarque. Son texte n’a rien à voir avec le texte brésilien, ce qui lui a causé quelque souci avec les fans brésiliens de Chico Buarque. Mais ceci est une autre histoire. Comme nous l’indique le titre, ici on est du côté des faces B, là où se cachent des petites perles. Comme c’est JB et Guido Cesarsky d’Acid Arab qui ont fait la sélection, on est sûr d’avoir ici que du croustillant, et non pas une simple compile commercial juste destiné a être vendu dans les supermarchés et les stations-service. Quoique sa ferait du chiffre pour Born Bad.
Tout au long de sa carrière, Pierre Vassiliu a voyagé à travers le monde, en rapportant à chaque fois des nouveaux sons, mots et des instruments, d’où une musique très exotique et des textes fleuries et colorés. Le texte du livret écrit par Guido Cesarsky résume très bien la carrière de ce poète qui aimait tant la vie et … les femmes. La photo intérieure du disque (pochette du 45t C’est chaud l’amour/Viens ma belle), qui le montre en slip léopard avec deux belles filles des iles, illustre bien son gout du voyage et la belle pochette dessinée par Camille Lavaud (qui a déjà apporté ses talents sur la pochette Mobilisation Générale) montre bien qu’il avait beaucoup d’amis et un esprit de fraternité. L’esprit de « clan » ne convient pas. Ce dessin aurai également fait une belle couverture pour un numéro d’Actuel époque 1970-75. La compilation contient 12 morceaux aux titres évocateurs : Une fille et trois garçons, Il était tard ce samedi soir, Sophie, Je suis un pingouin. Parmi la sélection il y a le morceau/tube Film qui raconte sa visite au bois de Boulogne. Le texte est très poilant. Le texte de Vadrouille à Montpellier a aussi son charme des années 70, digne d’une scène extraite d’un film de Bertrand Blier. Bref, cette compilation permet d’ouvrir une porte pour se (re)plonger dans la longue discographie de cet artisan poète de la chanson française.
www.bornbadrecords.net/releases/bb100-pierre-vassiliu-fac...
fr-fr.facebook.com/bornbadrecords/
www.youtube.com/watch?v=WSmVGiWzs9o
Paskal Larsen - pjulou@free.fr

07:06 Écrit par Saï-Saï dans Actualité, Chanson, Général, Musique, photo, Texte | Commentaires (0) |  Facebook |

26/01/2018

"FACE B" INTERESSANTE

PIERRE VASSILIU – FACE B – 1965/1981

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«Qui c’est celui-là?» Beaucoup de Français se sont posés la question au moment où la chanson du même titre commençait à péter le score aux charts de 1975. Quelques autres avaient déjà des éléments de réponse: c’est celui qui chantait ‘Amour amitié’! C’est celui qui chantait ‘La femme du sergent’! C’est celui qui chantait ‘Armand’ au Petit Conservatoire de Mireille! Pour tous ces Français, Vassiliu a toujours été réduit. Ils sont peu nombreux, les vrais fans, à avoir fait le tour et pris la dimension du mec.
Le mot est affreux, mais Vassiliu, c’était un poète. Le mot est pire, c’était un baladin. Il se baladait partout dans le monde et ramenait des mots, des sons, des instruments, des sentiments. Chez lui la rime n’était peut-être pas très riche, l’instrumentation pas trop luxuriante, la production assez arrangeante, le timbre assez peu exigeant, mais vous pouviez être tranquille: la chanson allait être choyée. Quelqu’un d’autre s’en serait occupé, ça aurait été pire. Pour faire du bon Vassiliu, fallait être Vassiliu. Le problème, c’est que tout cela ne fut que succession de malentendus. Car il tentait sans cesse de reconfigurer sa carrière, passant de chansonnier à chanteur pas niais, de chanteur tendre à comique, à poète beatnick, à ethno-artiste, à gérant de salle, à pilier de scène, à pilier de bar.
1961, Pierre Vassiliu, cavalier et photographe de guerre, se lance avec son frère Michel (auteur) dans la chanson. Leur choix: le comique. Jeux de mots, voix rigolote, tsointsoins et flonflons. Ô chance: ça marche. Sur un premier malentendu, on le catalogue provocateur: sa chanson sur les militaires est censurée à la radio, elle ne passe qu’à minuit passé. Il n’en faut pas plus pour faire le buzz. Georges Brassens l’adoube et écrit quelques lignes élogieuses sur son premier 45tours, Vassiliu est lancé. Mais les rimes en “ule” pour faire marrer les beaufs, ça va cinq minutes. L’impertinent se met à poser des chansons douces sur ses singles, comme ‘Le manège désenchanté’ en face B d”Ivanhoé’ en 1965. Il participe aussi à l’aventure franco-brésilienne des Masques, album devenu culte trente ans plus tard. Eddie Barclay l’apostrophe un jour: «Toi, c’est la douceur. Pas la gaudriole. Viens chez moi, tu pourras faire ce que tu veux.»
En quelques semaines c’est réglé, arrivent trois 45 et un premier album chez Barclay: ‘Amour amitié’. Il s’y dévoile sensible et très généreux en histoires sur lui-même. La première personne est à l’honneur sur la majorité du disque. Il met sa vie en scène dans ‘On imagine le soleil’, avec Catherine Philippe-Gérard dans le rôle chanté de son épouse Marie, où il tisse le fil de ses souvenirs de couple, ou dans ‘Une fille et trois garçons’, fantasme sur un ménage à trois hippies dans leur salon.
Marie Vassiliu se souvient: «A cette époque, on a trouvé à Gouverne une vieille ferme pourrie dans laquelle il a fallu faire plein de travaux. Il était plus tranquille pour écrire des choses mieux, des poèmes. Là, il a commencé à faire la fête, beaucoup, et il s’occupait du [café-concert] Bilboquet. Après on a perdu un copain, tué en avion. On a morflé. On est partis à Apt, dans une maison où on a fait une piscine, pleine de gens en permanence, Barclay, Folon, Maria Schneider et sa copine… Boby Lapointe est passé un jour nous saluer, on lui demandait “Comment ça va?”, il répondait “Oh bah moi, j’ai un cancer, je vais mourir.”»
Pierre se lie d’amitié avec un groupe de musiciens (Bloch-Lainé, Engel…) que l’on retrouvera sur les disques à venir. Il développe son goût de la scène en utilisant l’improvisation, et finit par passer de l’autre côté en ouvrant des lieux, des salles, des bars, des restaurants — jusqu’à la fin de sa vie. Peu de succès pour cet album, ni pour les singles suivants, y compris ‘Marie en Provence’, dont les paroles choquent Marie (elle y passe pour la bonne poire de service) qui, du coup, fait ses valises. Pierre crée alors ‘Ne me laisse pas’ pour la face B et Marie revient. Pas de succès non plus pour le second album ‘Attends’, qui contient ‘En réponse à votre lettre du 2.11.72’ où il salue ses copains. Il perd la confiance de Barclay et n’a plus le droit d’enregistrer que des singles, en quête de hit. Parmi ceux-là, ‘Je suis un pingouin’ ou ‘Il était tard ce samedi soir’ et sa face B désormais mythique ‘En vadrouille à Montpellier’. Encore trois 45tours, et enfin, LE malentendu suprême: ‘Qui c’est celui-là’. Comme il le chante dans la chanson-autobio ‘Encore un jour qui passe’, «Ce disque, je l’avais fait surtout pour l’autre face.» C’est-à-dire ‘Film’, inquiétant boogie où Pierre narre en talk-over une visite au bois de Boulogne avec putes, travelos, flics, qui termine au petit jour sur l’apparition lumineuse de l’amour, rythmé par un mantra: «Je cherche encore une fille qui voudrait bien de moi ce soir un quart d’heure.» En complément de cette pépite, le groupe a l’idée d’adapter vite fait bien fait un morceau brésilien rapporté d’un voyage, les paroles sont torchées dans un coin, avec l’aide de Marie: «Il avait écrit au départ ‘Qui c’est cette fille-là’, c’est moi qui l’ai poussé vers ‘celui-là’, car ça ressemblait plus à la sonorité d’origine.» Barclay envoie le single aux radios. Surprise, deux grosses antennes répondent la même chose: la face B est parfaite, ils la prennent. À Barclay, on capte le message: ‘Qui c’est celui-là’ devient la face A et Pierre Vassiliu devient un rigolo. Il s’en vendra des millions, et le label improvise un album constitué des précédents 45tours.
S’ensuit une période sombre où il est déchiré entre l’ivresse et la vanité du succès, entre l’amour qu’on lui porte et les raisons qu’on lui donne, entre Paris et la Provence, entre sa femme et les autres. Marie, trop souvent abandonnée et saoulée par l’égocentrisme, s’en va pour de bon, lui s’enfuit en Inde, s’y perd, se réinvente et enchaîne trois albums dark et légers. Il y chante l’humanité en déliquescence, l’alcool destructeur, les banques toutes puissantes, les touristes qui piétinent la misère en Afrique, séparation, solitude, voyages et déménagements. Mais aussi ses enfants, un chien, un oiseau, un pharaon, les femmes. Ainsi sur son album de 1976, il chante un hommage à sa fille, ‘Sophie’, et une triste poésie sur la Terre, ‘Alentour de lune’. Un LP épatant, enregistré en duo chez Georges Rodi, grand sachem du synthétiseur, barricadés et sous coke. Ces trois disques sont des échecs qui concluent son passage chez Barclay. En privé, tout va bien, sa nouvelle femme lui donne un coup de jeune, bien qu’il ne s’éloigne pas de Marie: «Laura était déjà à la maison quand je suis partie pour de bon, il était enfin libre de vivre avec elle. Mais à chaque dispute, il revenait. Avec [son second mari] Eric, ils parlaient des heures… mais jamais des problèmes d’Eric.»
Cette période Laura est marquée par une baisse de créativité chez le chanteur, ainsi que par l’irruption de l’Afrique dans sa vie. Les labels se succèdent, mais le succès s’est fait la belle. Son fils Clovis décrit cette fin de carrière: «Il a tellement écrit qu’à la fin il tournait un peu en rond. Il gagnait surtout sa vie en faisant des concerts, comme un véritable artiste, pas en vendant des albums. Il n’a jamais trop vendu. J’ai un souvenir d’enfance de lui qui appelle son impresario au téléphone pour connaître les chiffres de vente de son dernier disque. Il raccroche, l’air triste. Mille cinq cent copies. Ce n’était rien. Après les années 80, il n’y avait plus rien. Et pourtant il faisait au minimum cent concerts par an. Un de ses agents, qu’il surnommait Madame Soleil, me disait: “Ton père, j’ai jamais vu un mec qui fait autant d’efforts pour saccager sa carrière.”» Sur son album de 81, on trouve ‘Est-ce qu’on peut voler’, basée sur un dialogue avec Clovis, enfant, qui pose sur la pochette. «Je me souviens de cette discussion, mais je n’ai découvert la chanson que sur l’album. De même, je me souviens quand on a pris la photo mais il ne m’a pas dit que ce serait pour la pochette. Peut-être était-ce sa façon de me faire un cadeau. En plus l’album s’appelle ‘Le cadeau’.»
Dans les années 90, sa musique prend une tournure sud-américaine. Il ne sort quasiment plus rien jusqu’à 2003. «Il voulait s’amuser. C’était même devenu plus important que la composition. J’ai de moins en moins de souvenirs de lui jouant de la musique. Sur la fin, il préférait faire le con et se bourrer la gueule. Pourtant il a fait ‘Pierre Précieuses’, qui n’a été tiré qu’à 5000 exemplaires, coproduit par des amateurs par le biais d’une assoc» détaille Clovis. C’est là que figure ‘Dis-lui’, que l’on fait découvrir à Marie, chez elle en 2016. Attentive de bout en bout, elle commente avec émotion: «Il semble à la rue complet, mais il joue bien sûr. Il se sert de tout, tout le temps, tout ce qui se passe, dans sa vie, dans la vie de ses copains, dans la vie de ses enfants, de sa femme, de ses femmes… Alors c’est génial, mais… Je ne m’attendais pas à ça. » Pierre Vassiliu meurt des suites de la maladie de Parkinson en 2015. Clovis: «En fait c’était un véritable artiste. Même si je n’ai jamais voulu l’admettre quand j’étais môme. Il y a quelque chose de noble. Ça, je l’ai découvert à l’âge de vingt ans, pas avant. Je ne voyais pas le côté créatif, le côté artiste, le côté profond quoi.» Un malentendu. Bien entendu.
Guido/http://www.bornbadrecords.net/releases/bb100-pierre-vassi...

07:54 Écrit par Saï-Saï dans Actualité, Général, Texte | Commentaires (0) |  Facebook |

25/10/2017

Vassiliu inspire encore...

Très joli et sympa!

(clic sur dessin pour le lien)

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11:18 Écrit par Saï-Saï dans Général | Commentaires (0) |  Facebook |

25/08/2017

HOMMAGE

Hommage à Pierre Vassiliu, par Olivier Martinelli

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L’écrivain sétois Olivier Martinelli rend hommage à Pierre Vassiliu trois ans après la dispartition du chanteur. L’interprète inoubliable du célèbre titre « Qui c’est celui-là ? » est décédé le 17 août 2014, à l’âge de 76 ans. L’artiste, qui vivait dans un établissement médical de Sète, après avoir vécu à Mèze (Hérault) durant quinze ans, était atteint de la maladie de Parkinson depuis de nombreuses années. « Qu’est-ce qu’il fait ? Qu’est ce qu’il a ? Qui c’est celui-là ? Complètement toqué ce mec là… ». C’est l’adaptation d’une chanson du Brésilien Chico Buarque qui le rend célèbre en 1973. Avec 300 000 disques vendus en quatre mois…
Depuis longtemps, je nourrissais le projet d’écrire une biographie de Pierre Vassiliu. Je devinais une vie riche, foisonnante et créative. Je devinais les virages artistiques, humains, géographiques. Je devinais l’euphorie goguenarde provoquée par les succès inattendus et la frustration, parfois, d’être aimé pour de mauvaises raisons. Mais je ne voulais pas d’une biographie classique, chronologique. Je voulais que le morceau « Film » en soit l’épicentre, que toute sa vie soit passée au crible de cette chanson.
Parce que « Film » est une chanson-monde. Poussé par une musique agressive et entêtante, son texte primitif, débité comme on parle fait tout passer, le cynisme, la cruauté, la solitude et la mélancolie pour s’achever par une sublime déclaration d’amour sous forme de rédemption.
Mon projet prenait forme, peu à peu. Je croisais souvent la silhouette de Pierre dans ma ville, au détour d’une ruelle. Il ne me connaissait pas. Je n’osais pas l’aborder. Auteur de quelques romans aux succès confidentiels – « aux échecs confidentiels » devrais-je dire – qui étais-je pour prétendre me hisser à la hauteur du monument.
Un jour je me suis décidé. Je lui ai transmis la nouvelle que vous vous apprêtez à lire. Il m’a dit au téléphone que mon projet lui semblait intéressant. Il était déjà trop tard. Sa voix tremblait à l’autre bout. Il me recontacterait quand il irait mieux. Il n’alla pas mieux. La maladie avait trop entamé ses défenses. La vie est faite de rendez-vous manqués. Le 17 aout 2014, Pierre Vassiliu décida d’interrompre son dernier été. Alors que je ne connaissais que sa silhouette et ses chansons, une grande tristesse s’empara de moi.
Ce texte est l’embryon de cette biographie que je projetais d’écrire. Une version courte était déjà parue dans la presse à sa mort. En voici le texte complet.
Film
« Putain, je suis nase. Je suis rouillé. Cinq minutes pour me déplacer d’une pièce à l’autre en m’agrippant au bras de ma douce, en m’accrochant à des chaises, parfois. J’arrive plus à bouger. J’ai soixante-quatorze ans. L’impression de porter soixante-quatorze kilos sur le dos. Ça me cloue au sol. Je suis pénard sur la terrasse. Je regarde les bateaux défiler en respirant l’odeur de la mer qui monte du canal.
C’est pas trépidant, je sais. Mais ça peut suffire à remplir une vie. En tout cas, ça remplit la mienne, à présent… Le bout de vie qu’il me reste. À une époque, je ne me serais pas contenté de ce décor. Il m’aurait fallu des néons blafards, de la vitesse, une voiture puissante, des odeurs de fuel, des filles, de l’alcool et du sexe… Ou alors, j’aurais échangé tout ça contre le parfum de l’Afrique… Le ciel sans entrave, la vie au ralenti… Enfin pas tout quand même. J’aurais gardé les filles et l’alcool.
Bon, aujourd’hui, avec ce que je trimballe, j’apprécie moins les turbulences. J’ai des occupations plus douces, plus méditatives. J’observe les minutes qui passent. Je les observe tellement fort que parfois, j’ai l’impression de les voir se matérialiser devant mes yeux… Et puis l’obscurité se fait. Quelqu’un m’aide à rentrer. Et les souvenirs de ma jeunesse m’aident à franchir la nuit.
Ma douce m’a parlé plusieurs fois de ce jeune gars, ce chanteur. Je ne me souviens pas bien. Mais je crois qu’il veut me rendre hommage. Il veut que je monte sur scène encore une fois… Que je quitte ma retraite… Comment c’est son nom, déjà ? Arnaud Fleurent Quelque Chose… Y a pas plus long, non ? Pas assez malin pour prendre un pseudo… Un truc qui claque. Par contre, il a bon goût le petit gars. Il veut reprendre « Film », ma meilleure chanson. Je ne sais plus grand-chose à mon âge. Mais ça je le sais.
Elle a pas fait un gros succès. À l’époque, les gens lui ont préféré « Qui c’est celui-là ? ». Les gens sont cons. Ils préfèrent rester à la surface des choses. Et Film creusait trop profond, je crois.
La tête d’affiche, ce soir, c’est Katerine…
Au début, j’ai refusé la proposition. Je ne tenais pas à affronter un public encore une fois. Je ne voulais pas exposer ma maladie aux yeux du monde… Mon corps ralenti et hors contrôle. Une sorte de décence, davantage que de la coquetterie. Et puis, on ne se refait pas. Je suis un peu cabot. Je n’ai jamais refusé un tour de piste. Et celui-ci, ce sera peut-être le dernier.
Le trajet est court. C’est l’avantage. Et le concert a lieu chez moi. Le Théâtre de la Mer, c’est la plus belle salle de France… Les étoiles au-dessus de la tête et la mer dans le dos. Des fois, pendant le tour de chant, vous avez des chalutiers qui passent derrière vous ou des cargos gigantesques qui brillent de mille lueurs. Le seul problème, c’est les goélands. J’ai jamais pu blairer les oiseaux. C’est con, c’est moche et ça fait du boucan. J’ai jamais pu blairer les gens qui aiment les oiseaux non plus. Mais ça c’est une autre histoire…
La tête d’affiche, ce soir, c’est Katerine… Un bon spectacle pour enfants à ce qu’on m’a dit. Un type qui a écrit des chansons à une époque. Aujourd’hui, il n’écrit plus que des slogans. Je n’attendrai pas. J’ai plus l’âge. On passe en première partie avec Arnaud Fleurent Truc…
Putain, j’ai la tremblote. Ça ne s’arrêtera jamais cette histoire. J’arrive même plus à tourner les pages. Il faut quelqu’un pour le faire à ma place. C’est l’ironie du sort. Moi, Pierre Vassiliu, le champion de l’indépendance, jamais besoin de personne… être obligé de me faire tourner les pages pour lire mes propres textes. Parce que ma mémoire aussi a la tremblote.
Alors, je suis là, sur le côté de la scène. Pantalon blanc, chemise blanche, chapeau blanc. Il parait qu’on ne voit que moi. C’est le rappel pour Arnaud Machin Chose. Et c’est mon moment. On me tient par le bras. Je marche à petits pas. La mécanique fonctionne plus très bien et je vois les regards des gens au premier rang. Je saisis tout parce que j’ai l’œil et que ma cervelle est toujours en état de marche. Il est pas cuit, le vieux. Il est là, debout, après toutes ces années, dans son habit de lumière. Son nom, Pierre Vassiliu. C’est dingue comme le blanc, ça renvoie bien la lumière.
Les petits jeunes qui sont venus pour Katerine ne me connaissent pas, c’est sûr. Remarque, si ça se trouve, les autres non plus, ils se souviennent plus de moi. Ça fait des années que je n’ai pas eu un tube au TOP 50. Ça existe toujours le TOP 50 ? Je sais plus. Arnaud a saisi sa guitare. Il a attaqué le riff. Putain, ça, ça me parle. Un riff comme ça, ça s’oublie pas. Ça aussi, ça peut remplir une vie entière. Le batteur suit bien. Son rythme est en train de me rentrer dans la tête. Les goélands, du coup, ça les a calmés tout net. Ils ont arrêté de survoler le théâtre… Ou alors, c’est par respect pour moi, pour mes vieilles artères.
Je commence à lire les paroles. J’ai du mal. Je suis un peu à côté. Ça m’enrage. Mais y a ce rythme, y a ce riff. Y a la présence d’Arnaud qui vient là tout près comme pour me protéger. Et je commence à y être… à me sentir bien dans la chanson. Comme si je l’avais déjà chantée des centaines de fois. Qu’est ce que je raconte ? Bien-sûr que je l’ai chantée des centaines de fois… des milliers peut-être si je faisais le compte. Ces notes, ce texte, ils résonnent en moi. Ils m’ont fabriqué d’une certaine manière. Et là, ça y est j’y suis.
Qu’est-ce qu’ils font tous ces gens debout dans les gradins ?
« Je cherche encore une fille qui voudrait bien de moi ce soir un quart d’heure. »
Cette phrase répétée dix fois, vingt fois, cent fois. Et je pourrais continuer comme ça pendant des heures parce qu’y a pas d’autre vérité en fait. Parce qu’on cherche tous cette fille qui voudrait bien de nous ce soir encore un quart d’heure.
Je suis bien calé maintenant. Je force un peu plus sur ma voix. J’ai l’impression de me retrouver dans le tambour d’une machine à laver. Ce morceau, c’est un tambour de machine à laver. Le riff tourne sans fin et rien ne peut l’arrêter. Et maintenant, c’est moi qui pousse le groupe. Je suis un roc. Je suis indestructible. Et… je cherche encore une fille qui voudrait bien de moi ce soir un quart d’heure.
Mais qu’est-ce qu’ils font tous ces gens debout dans les gradins ? C’est peut-être pour voir la mer que j’ai dans le dos qu’ils se lèvent tous… Peut-être pour les étoiles ou les goélands… Je ne vais pas pleurer. J’ai plus de larmes depuis que j’ai chopé cette saloperie. Non j’ai plus de larmes. Même si des fois, j’ai envie de me laisser aller.
Je me souviens du nom du jeune gars maintenant. Arnaud Fleurent-Didier. Un type qui restera, c’est sûr. Il va pas s’envoler au premier coup de vent. Parce que lui, il a des chansons. Puis finalement, il est pas mal son nom. Y en a pas beaucoup des noms aussi longs. Rien que pour ça, on va le retenir.
Je me sens mieux, tout à coup. Je ne tremble plus. Je baisse les yeux vers ma chemise. J’ai l’impression d’irradier. Oui, c’est dingue comme le blanc, ça renvoie bien la lumière. J’ai le cerveau qui va exploser. Non, il est pas cuit le vieux. Il est toujours là…
Prêt pour un nouveau round.
Olivier MARTINELLI
http://dis-leur.fr/chanson-lhommage-a-pierre-vassiliu-oli...

08:35 Écrit par Saï-Saï dans Général | Commentaires (0) |  Facebook |

PUTAIN 3 ANS!

Pierre Vassiliu le chanteur de Gouvernes était un être rare, attachant

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"Qui c'est celui là ?" un tube d'un bien beau chanteur Pierre Vassiliu qui nous avait accordé notre première interview de personnalités le 22 septembre 1994. Un drôle d' artiste !
Il est définitivement parti « avec son petit ventre rond, ses moustaches et son grand nez de fouine » il y a juste 3 ans. Le souvenir demeure cependant.
Pierre Vassiliu manque au paysage artistique français et a tiré sa révérence avec la délicatesse qui était la sienne à 76 ans. Bien entendu connu pour son tube « Qui c’est celui-là ? », Pierre était un poète. Le vedettariat qui a été le sien n’a pas eu de prise sur celui qui a été un homme simple au contact immédiat.
C’est Pierre qui avait inauguré une longue série d’interviews de personnalités pour La Marne avant plusieurs centaines de rencontres. Pierre qui avait habité 10 ans Gouvernes (comme Patrick Dewaere) était venu chanter à Lagny. L’interview avait été déconcertante de facilité alors que je m’en faisais tout un monde. Le courant était passé de suite avec ce contact naturel qui favorisait les confidences. Pierre venait faire découvrir son album « La vie ça va ». Nous avions titré La vie ça va, la vie ça « Va…ssiliu » Il nous avait fait un joli petit mot avec plein de poésie pour remercier. Touchant.
» On a besoin de gens qui s’amusent, qui déconnent. On a l’impression parfois que l’on aime vivre dans le morose »
Je lui avais posé la question sur la lignée des grands comme Brassens, Bobby Lapointe… qui s’éteint doucement et s’il se sentait l’âme de celui qui ravivera la flamme. La réponse était venue après avoir levé son verre
« J’aimerais bien mais je ne le sens pas. Je pense que je me suis trouvé une petite place. J’étais un peu à part mais en même temps je ne représente que moi. La musique est l’un des seuls véhicules avec lequel on puisse se rencontrer »
Nous avions rigolé sur le mot véhicule car Pierre venait de se faire retirer (temporairement) son permis de conduire.
Nous avions aussi évoqué son village de Gouvernes près de Lagny
» C’était un endroit qui vivait avec des bons copains comme Jean Yanne, Reggiani, Jacques Martin…où l’on refaisait le monde jusqu’à l’aube. J’aimais me balader sur Chanteloup, Bussy car il y avait une belle campagne. »
Pierre Vassiliu était un homme rare (souvent oublié dans les médias mais il ne courait pas non plus après). Un être sensible, d’une grande beauté intérieure avec une décontraction naturelle sur scène et en dehors.
Je ne le remercierai jamais assez de cette interview à Lagny, la grande première d’une très longue série. Sa gentillesse et sa franchise pour aller au-delà des évidences m’a certainement permis de partir en quête de rencontres inoubliables et magiques. Pierre a été le déclencheur.
Si vous ne connaissez pas bien cet artiste haut de gamme, écoutez juste une chanson « Dans ma maison d’amour » Un bijou de finesse. Avec Yves Duteil, Pierre était l’un de rares chanteurs connus de notre 77 Nord.
https://actu.fr/ile-de-france/gouvernes_77209/disparition...

08:32 Écrit par Saï-Saï dans Général | Commentaires (0) |  Facebook |

19/08/2016

1964...

Petit article de magazine datant de 1964

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07:39 Écrit par Saï-Saï dans Général, photo, Texte | Commentaires (0) |  Facebook |

10/08/2016

Au magasin d'antiquités...

Carte postale d'époque...

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05:51 Écrit par Saï-Saï dans Général, photo | Commentaires (0) |  Facebook |

07/01/2016

Dédicace époque "Decca"...

Dédicace...

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07:40 Écrit par Saï-Saï dans Général | Commentaires (0) |  Facebook |

05/01/2016

Longue interview de 1988

2 juillet 1988 France Culture "Opus Pierre Vassiliu"

(clic sur photo)

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08:50 Écrit par Saï-Saï dans Général | Commentaires (0) |  Facebook |

04/01/2016

"Pour le plaisir"

Christian Daniel reçoit Pierre Vassiliu

(clic sur photo)

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21:09 Écrit par Saï-Saï dans Général, Tv | Commentaires (0) |  Facebook |

Délires de Vassiliu

"Les délires de Pierre Vassiliu" documentaire complet de 1976

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21:03 Écrit par Saï-Saï dans Général, Tv | Commentaires (0) |  Facebook |

Reportage exceptionnel sur Pierre

Portrait 1999 par Jacques Pessis - France 5

(clic sur photo)

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12:06 Écrit par Saï-Saï dans Général, Tv | Commentaires (0) |  Facebook |

26/10/2015

Souvenirs...Apt

 

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05:29 Écrit par Saï-Saï dans Général | Commentaires (0) |  Facebook |

24/10/2015

On a besoin de vous!

La tournée "Thomas Pitiot chante Vassiliu" réclame d'autres dates. En France, en Belgique, en Suisse,... Regardez cette vidéo (clic sur photo) et vous comprendrez qu'on peut tous s'y mettre, chacun ses relations, ses filons pour que vive ce superbe hommage à Pierre. www.thomaspitiot.net

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17:26 Écrit par Saï-Saï dans Actualité, Chanson, Général, Musique | Commentaires (0) |  Facebook |

26/09/2015

Coupures de presse

Le Midi Libre du 16 juillet 2015

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10:28 Écrit par Saï-Saï dans Général | Commentaires (0) |  Facebook |

06/09/2015

1984...

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08:25 Écrit par Saï-Saï dans Général | Commentaires (0) |  Facebook |

17/08/2015

17 AOÜT 2015... UN AN QUE PEDRO PARLE AUX ANGES...

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19:06 Écrit par Saï-Saï dans Général | Commentaires (0) |  Facebook |

16/07/2015

Inauguration ce 16 juillet 2015 à Mèze

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20:13 Écrit par Saï-Saï dans Actualité, Général | Commentaires (0) |  Facebook |

08/07/2015

Croqueur de Pierre...

Nouveau dessin de Pierre réalisé par Patrick Flohic
http://www.leportraitiste.com/index.php?

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18:03 Écrit par Saï-Saï dans Général | Commentaires (0) |  Facebook |

25/06/2015

Carte postale...

Dessin sympa de Pierre
Carte postale avec dessin de Philippe Flohic
site: http://www.lacartepostale.fr/produit/carte-postale-format-10-cm-x-15-cm-pierre-vassiliu/

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06:39 Écrit par Saï-Saï dans Général | Commentaires (0) |  Facebook |

06/06/2015

Dessin de Topolino

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17:07 Écrit par Saï-Saï dans Général | Commentaires (0) |  Facebook |

04/06/2015

Merci pour... le cadeau!

Joli cadeau pour les gens qui ont un goût exquis et aiment donc Pedro!
Pour tous ceux qui n'ont pu se procurer la publication du Francofan N°52 (http://www.francofans.fr)

Sam nous l'offre!
Nous avons eu sa permission de reproduction de la double page consacrée à Pierre Vassiliu
Merci à Sam Olivier, Céline Pibre pour les illustration, Léna Vassiliu pour la photo de son Papa.

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17:53 Écrit par Saï-Saï dans Actualité, Général, photo, Texte | Commentaires (0) |  Facebook |

28/04/2015

Vivement dimanche 2007

Spécial Michel Delpech sur le plateau de Michel Drucker. Grands potes, Delpech a invité Pierre...

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17:15 Écrit par Saï-Saï dans Général | Commentaires (0) |  Facebook |

Olympia 1964

Olympia de Paris. Durant trois semaines (du 16 janvier au 4 février 1964), à raison d'un, deux ou trois shows quotidiens, soit 41 apparitions en tout.
L'affiche est imposante et donne tout son sens au mot « Music-hall ». Daniel Janin et son orchestre, les Hoganas, Pierre Vassiliu, Larry Griswold, Roger Comte, Gilles Miller et Arnold Archer, acrobates, jongleurs, humoristes, chanteurs se succèdent sur la scène avant la deuxième partie du spectacle avec les trois têtes d'affiche au fronton du Boulevard des Capucines : Trini Lopez, Sylvie Vartan et les Beatles, passant à chaque fois en dernier. C'est l'époque où Pierre Vassiliu chante, en première partie, ses premiers succès tels "Armand" et "ma cousine"...

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17:01 Écrit par Saï-Saï dans Général | Commentaires (0) |  Facebook |

27/04/2015

Article de Libé 2004

Qui c'était celui-là ?
(Juillet 2004)

pierre vassiliu

Pierre Vassiliu, 66 ans, chanteur. Écume sans amertume les salles des fêtes de sous-préfectures après avoir couru le monde grâce aux rentes d'un hit 70's.
C'est la star de son village. Sur le port de plaisance : «Salut Pierre ! Ton bateau, tu le vends combien ?» A la terrasse du restau : «La forme, Pierre ? Je te mets la table du fond pour être tranquille ?» Lui : «C'est vrai, ici, les gens m'aiment bien. Ils sont contents quand ils me voient à la télé.» Avec son passé de champion du Top 50 banni des grandes scènes, Vassiliu aurait pu devenir aigri et triste. Dans sa belle demeure méditerranéenne, on rencontre un type drôle, imperméable à toute nostalgie. Ce soir, le chanteur prend l'avion pour Paris. Il passe sur Liberty TV, confidentielle chaîne du câble spécialisée dans la vente de voyages et les locations de villas. «C'est ma femme qui m'a poussé à accepter. Pour faire un peu de promo sur mon nouveau disque et aussi en profiter pour essayer de louer notre maison. Tous les deux, on veut retourner en Afrique.»
Installé depuis quatre ans à Mèze, village de conchyliculteurs au nord de l'étang de Thau, près de Sète (Hérault), Pierre Vassiliu a la bougeotte. A 66 ans, le voilà prêt à nouveau à tout quitter, direction le Burkina Faso. Mais avant, il a une tournée à achever. Avec des dates à Montbéron, Montréjeau, Villefranche-de-Rouergue et Cambieure. Bien sûr, ce n'est pas les Vieilles Charrues à Carhaix ni les Francofolies à La Rochelle. Financée par la Dépêche du Midi, cette tournée de seize concerts offre entrée gratuite et feu d'artifice à tout le monde. Lui n'en n'a pas honte : «Ça me fait plaisir qu'ils aient pensé à moi. C'est une tournée sur laquelle j'étais il y a vingt ans, je trouve ça sympa de renouer avec elle.»
Un has been, Vassiliu ? «Je serais prêt à gifler un mec qui dirait ça, menace Gérard Lanvin, vieux pote du chanteur à l'époque où l'acteur vendait des chaussures rue des Canettes à Paris. Les has been sont ces cons qui participent à des émissions de merde à la télé. Sortis du Loft, ils sont déjà out. Alors que Pierre, c'est un artiste magique, de la grande race des amoureux de la liberté.» Moins lyrique, mais tout aussi bon copain, Laurent Petitgirard, chef d'orchestre et président de la Sacem : «Pierre Vassiliu est l'exact contraire de ces artistes qu'on fabrique en deux mois à la télé. C'est un noble artisan du métier de la chanson, il possède le travail patient du luthier. Avec son tube Qui c'est celui-là ?, il a eu un grand coup de bol. Mais, même si sur un plan médiatique il n'a plus vécu une telle heure de gloire, il ne peut pas en être frustré, puisqu'il n'a jamais cherché à se placer dans cette catégorie.»
Paris, 1973. Un petit bonhomme à la grosse moustache et au nom étrange, pilier des clubs de la rive gauche, adapte en français Partido Alto, une samba du Brésilien Chico Buarque. Il en fait un hymne fantaisiste aux différences : «Qu'est-ce qu'il fait, qu'est-ce qu'il a, qui c'est celui-là ? Complètement toqué, ce mec-là...» La France s'enflamme. N° 1 au hit-parade pendant six semaines, 300 000 disques vendus en quatre mois. Pierre Vassiliu, les mêmes moustaches de Cosaque mais en plus grises, déguste son plateau de douze huîtres et rigole. «J'ai vécu une quinzaine d'années avec le fric de cette chanson.»
N'ayant jamais cherché la gloire, l'ex-star de l'Olympia sait se contenter d'un public fidèle qui remplit à chaque fois des salles de 400 places. Même s'il regrette parfois que «les radios oublient un peu trop de passer [ses] chansons», il se fiche éperdument de n'être plus qu'un nom évoquant vaguement quelque chose. D'autant plus que sa vie est une telle compilation d'histoires délirantes et rocambolesques que leur seule évocation suffit à donner du bonheur à chacune de ses journées. Surtout lorsqu'elles sont racontées dans la maison aux couleurs marocaines qu'il habite au bord de l'étang, sous l'oeil de Laura, son amoureuse depuis un quart de siècle.
Né en banlieue parisienne dans une famille bohème bourgeoise de l'entre-deux-guerres (père médecin immigré roumain, mère très musicienne), il se retrouve à 16 ans dans la rue, forcé de gagner sa vie en donnant des leçons d'équitation à de grands noms du music-hall : Jean-Marc Thibaut, Roger Pierre, Darry Cowl sont ses élèves. A 18 ans, il est envoyé en Algérie, obligé de photographier les cadavres de résistants algériens pour la propagande française. Il écrit une chanson antimilitariste, la Demande de permission, l'enregistre et la fait passer sur le haut-parleur d'un camion de sa caserne. Déféré devant le conseil de guerre, il écope de trois mois de cachot. De retour à Paris, il écume avec sa guitare toutes les boîtes de la rive gauche. Après le succès surprise de Qui c'est celui-là ?, Vassiliu quitte la capitale et se réfugie dans le Lubéron. Il y rencontre une ex-Miss monde hollandaise... mais mariée. Avec la complicité d'un copain pilote, il s'envole vers la villa de sa bien-aimée, atterrit au fond de son jardin et l'enlève. Fuite au Maroc, puis nomadisme en Afrique à bord d'un vieux camping-car. Dans les années 80, on le retrouve à Dakar, patron d'un club de jazz dans le quartier des ministères. Grand trip herbes, gourous et messes vaudou. Sa femme : «On est vraiment allés très loin, ç'aurait pu tourner mal.» Retour en France, sans un radis. Coluche, très grand seigneur, permet aux tourtereaux de planter leur tente derrière l'immense villa qu'il habitait en face du parc Montsouris à Paris. «Il nous a même prêté une de ses bagnoles américaines. Mais elle coûtait une fortune en essence ! Alors on la garait pas loin et on prenait le métro.» Un autre jour, il est à Cuba, où il dîne à la table de Fidel. «On était huit à table, dont Georges Marchais et sa femme, et Castro n'arrêtait pas de se foutre de la gueule de Liliane, c'était poilant !»
Et maintenant ? Après avoir touché à une multitude de genres musicaux, de la musique tsigane au jazz New Orleans, du maloya réunionnais au son cubain, Vassiliu ne manque pas une occasion d'assurer la promotion de chanteurs estampillés world music. Un Peter Gabriel du terroir. Ce qui lui permet, à l'occasion de festivals, de se retrouver sur scène avec les plus grands : Femi Kuti, Ray Barretto, Mory Kanté, Compay Segundo, Susheela Raman, Lokua Kanza...
Il y a quatorze ans, avec une bande de copains, il fonde à Mèze un festival de musiques du monde dont il est toujours le parrain. L'endroit lui plaît tellement qu'il finit par s'y installer. Laura ramène un peu d'argent en vendant des sculptures. Lui continue à écrire des chansons, qu'il
enregistre parfois, lorsqu'un mécène apporte quelques dizaines de milliers d'euros. Son dernier disque, Pierre précieuses (sic), a ainsi vu le jour grâce à l'argent d'une entreprise de produits ésotériques. «J'ai dit à ma femme et à mes enfants : "Cette fois-ci, c'est bon. Si ce disque ne marche pas, je m'installe en Afrique et je n'en reviens plus !"» Personne ne l'a cru.
Pierre Daum/Libé
http://www.liberation.fr/portrait/2004/07/27/qui-c-etait-celui-la_487592

12:33 Écrit par Saï-Saï dans Général | Commentaires (0) |  Facebook |